L’organisation de l’ancienne Gaule se construit

Les Vikings, appelés par Pépin II, roi d’Aquitaine, pour terroriser la région Toulousaine sillonnent la région en 864, en remontant les cours d’eau. Toulouse se replie à nouveau sur elle-même dans son enceinte trop grande et tombant en ruine, elle résistera malgré tout aux assauts répétés des Vikings… Mais ces derniers iront se venger sur le reste du pays qu’ils dévasteront et pilleront, remontant les rivières, allant même mettre le feu à l’abbaye de Sorèze qui ne s’en relèvera pas.

Bondigoux, proche du Tarn navigable, a du subir les ravages de ces hordes du nord.
Vers 918 les Hongres sont battus dans notre région par les troupes du comte de Toulouse, Raymond II, et cette même année, les Vikings seront à nouveau repoussés.

En 924, Raymond III, comte de Toulouse, remporte une nouvelle victoire contre les Hongres qui sont repoussés définitivement à l’extérieur des terres du Languedoc. Les Hongres seront battus par Otton le Grand en 955, roi Germanique, descendant de Charlemagne, qui deviendra Empereur plus tard. Il les refoule jusqu’à une région reculée de l’Est de l’Europe qui deviendra la Hongrie…

En 932, le comte de Toulouse reçoit les duchés d’Aquitaine et d’Auvergne ainsi que le marquisat de Gothie, anciennement nommé Septimanie, il exerce d’autre part sa suzeraineté sur les comtés de Carcassonne, d’Albigeois, de Rouergue et de Quercy, établissant en fait son autorité sur un vaste territoire qui deviendra plus tard le Languedoc et jetant les bases du futur « Etat Toulousain ».

 

La papauté, dès cette époque, renforce son autorité sur les princes et le peuple, elle est la seule autorité morale du royaume et, dans le royaume Franc, les Carolingiens au pouvoir utilisent toute leur énergie à agrandir leur domaine qui immanquablement est partagé à chaque succession. A cette époque encore, les domaines royaux sont la seule propriété du Roi qui peut en jouir comme bon lui semble et c’est peu à peu seulement qu’un sentiment national se développe. Il faudra attendre Hugues Capet, élu Roi en 987 et premier de la lignée des Capétiens, pour voir s’instaurer le droit d’aînesse qui rendra plus facile la transmission et la conservation du patrimoine familial des Rois, les responsabilisant sur la notion de pérennité d’un Etat Franc.

 

Les guerres privées pourrissent la vie des paysans. Les seigneurs voisins se font la guerre pour des broutilles, ils transforment en désert les terres de leurs rivaux. On tue les gens, les troupeaux, on brûle les villages… C’est à cette époque que sont créés par l’Eglise, au nom de « La Paix de Dieu », les sauvetés, qui sont à la fois des villages et des territoires placés sous leur protection et qui ont le même statut protecteur des faibles, où toute violence est interdite, que les cimetières, les croix plantées au croisement de deux chemins et les églises, neutralisant ainsi les seigneurs locaux avides de pouvoir et de richesses. Ces sauvetés seront des refuges pour les populations persécutées. C’est dans notre région que cette conception s’installera le mieux. Il faut dire qu’en 990, Gui, évêque du Puy, donnera une certaine impulsion à ce mouvement. Il réunit nombre d’évêques régionaux ainsi que des seigneurs et châtelains. Avec minutie, ce Concile énumère les actes interdits à l’égard des paysans, auxquels il ajouta les marchands. On y trouvait le vol, les saisies sur gage, les réquisitions, « que personne ne soit contraint à bâtir ou assiéger un château ! » etc… Peu après, l’évêque convoqua tous les chevaliers de son diocèse, les fit entourer par sa propre armée épiscopale, et leur soutira la confirmation par serment de ces résolutions, et la restitution des biens injustement détenus. D’autres conciles reprirent ces décisions, et imposèrent des serments de paix. On introduit alors l’idée de la trêve de Dieu : il était interdit

« à tout habitant d’assaillir son ennemi depuis la neuvième heure du samedi jusqu’à la première heure du lundi…
ceci afin que tout homme puisse rendre à Dieu ce qu’il lui doit pendant la journée dominicale »

Le pouvoir de l’Eglise est tel que personne n’ose s’attaquer aux populations placées sous sa protection et même un brigand poursuivi par un seigneur et qui a la chance de rencontrer une croix et de la toucher se trouve sous sa protection et ne peut être pris. – Il serait intéressant de savoir combien de temps on pouvait tenir avec une main sur la croix, avec les gardes du seigneur à deux mètres de soi -. Ces sauvetés sont créées parfois près des châteaux, mais il ne faut pas les confondre avec les castelnaux, qui eux, à la même époque, sont sous la protection des seigneurs locaux.

Au cours du 12ème siècle, quand le pouvoir spirituel de l’église ne suffit plus, les sauvetés cessent d’être des territoires pour devenir des villages fortifiés. A terme, au 13ème siècle, les castelnaux engloberont les sauvetés. De ces sauvetés, il nous reste des noms de villes, Sauveterre, La Salvetat, etc…

Alors se fixent pour une bonne part, les villages actuels. L’Eglise prend en main la vie sociale des roturiers et c’est à cette date, certainement, que des noms sont attribués officiellement aux nouveaux arrivants pour les différencier les uns des autres. Ces noms ou surnoms qu’ils devaient utiliser entre eux depuis la nuit des temps, aujourd’hui l’autorité ecclésiastique veut les légaliser…

 

 

 

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