Communication et transparence, concertation…

Je reviens sur les commentaires de certains d’entre vous sur les liens qui pourraient exister entre communication, information, désinformation et par voie de conséquence, sur la pression que nous pourrions exercer sur nos élus si nous en savions autant qu’eux.

Je sais, nous savons tous que nos élus, détenteurs d’un pouvoir décisionnel et provisoire en notre nom, ont tendance à penser qu’ils n’ont pas à communiquer « sur les détails » de leur motivation à prendre telle ou telle décision. Le tout est de s’entendre sur ces « détails ».

Que dire de l’auto-augmentation des rémunérations des femmes et des hommes politiques aussi bien à la Présidence, qu’au Senat, qu’à la chambre des députés, qu’en région ? Est-ce de l’information qui appartient au domaine public ou au cercle privé ? Est-ce faire preuve de mauvais esprit que d’être scandalisé par ce vol autorisé dans les caisses de l’état ?

Que dire des décisions plus politiques, économiques prises par ces mêmes personnes ? Sont-elles du domaine confidentiel ou public ?

Que dire des fautes lourdes perpétrées par cette même classe autour de l’argent et du pouvoir ? Est-ce du domaine privé, ou pas ?

Pour toutes ces questions, la réponse est la même: rien n’appartient au domaine privé quand on est engagé en politique. Rémunérations, passations de marchés publics, voyages, biens personnels! tout devient visible et doit être visible par tous. Sinon, que ces personnes choisissent une autre voie pour exprimer leur « altruisme ». La religion par exemple !!!

Quand on est élu, on se doit d’être irréprochable, on se doit de montrer l’exemple, on se doit d’être encore plus honnête que les autres… Facile à dire, plus difficile à faire. Preuve en est que cela commence au plus bas niveau de la « hiérarchie politique ». Un élu communal profite parfois du matériel de la commune alors que le reste des citoyens ne peut pas en profiter, un maire va être président d’une commission dans la communauté des communes, contre royalties, ou bien un élu va être président de la société communale ou intercommunale des eaux; jamais gratuitement.

Le pire dans tout cela, c’est que pour obtenir ces petites concessions entre amis élus, on soit obligé de prêter allégeance à Pierre ou à Paul et donc à renvoyer l’ascenseur parfois; c’est comme cela que l’on commence à prendre des décisions qui vont à l’encontre des intérêts des concitoyens ou, pas totalement dans leur sens.

Le plus risible c’est d’entendre tel ou tel élu dire qu’il est maire par amour de sa commune, de ses concitoyens, etc… Oui, j’espère qu’il y a toujours un peu de sincérité dans tout cela, mais… le doute apparait quand on voit un maire s’arranger avec des élus d’autres communes pour se distribuer les « bons postes » et se battre comme un gladiateur pour être réélu. Voilà encore une bonne raison pour empêcher par la loi de briguer plus de deux mandats dans une même fonction!!!
Mais je sais que des maires donnent beaucoup de leur temps et arrivent à y perdre soit un job soit une entreprise, et que là, acculés, il ne leur reste que les rémunérations « de fonctions politiques » pour survivre, et là je comprends aussi qu’ils se battent bec et ongles pour conserver leurs mandats… Mais le citoyen doit-il prendre en compte ce type de situation personnelle ? Non bien sûr…

Pour les députés et sénateurs il suffit de multiplier par cent ce que je viens d’écrire pour être dans la réalité qui est la leur. Là aussi, la loi devrait interdire que des députés soient à leur poste depuis 30 ans, et il y en a aussi bien à gauche qu’à droite! On me répond parfois, « mais c’est dommage de se priver de tel député si efficace! » et je réponds « et vous pensez que parmi nos 40 millions de personnes éligibles, il n’y en a pas quelques centaines du même niveau ? » et entre nous, surtout à des salaires situés dans la tranche des 5% meilleures rémunérations du secteur privé!!!

Ensuite, si on revient aux informations générales produites par nos élus, je reste persuadé que l’on y a accès, mais que nous sommes trop « fainéants » pour aller les chercher! Il n’est pas interdit d’aller aux délibérations des conseils municipaux, ni à celles des autres chambres régionales ou nationales. Nous chargeons un peu trop facilement nos élus sur ce sujet alors que l’information est disponible en allant consulter les comptes rendus…  Avec les nouvelles technologies, ils pourraient les publier sur un site internet, je le concède, mais tout a un coût et les choix restent en dernier lieu au maire, ou député ou sénateur, et cela me semble peu condamnable…

Par contre, il n’y a pas assez de « consultations populaires » sur des sujets qui  touchent notre quotidien… On peut parler de référendum, mais très lourd à monter, ou de consultation au travers de réunions: j’y serais très favorable, mais c’est peut-être à cause de mon métier qui me porte à réaliser de telles consultations régulièrement que je réagis ainsi. Personnellement, si j’étais aux commandes d’une commune de la dimension de Bondigoux, j’aurais institué un rendez-vous régulier avec les concitoyens pour aborder les sujets qui entrainent: des changements d’habitudes, des coûts élevés, des effets sur la santé, etc, et des sujets portés à l’ordre du jour par les citoyens eux-mêmes!! Bref une concertation populaire pour prendre des décisions adaptées ou tout du moins expliquées et motivées…

Je n’ai jamais pris un individu pour une personne incapable de comprendre, de décider, de s’interroger, je ne crois pas que la « crédulité » des « autres » soit exploitable à loisirs et que l’intelligence se mesure aux nombres d’années passées sur les bancs des écoles et encore moins au nombre et à la qualité de diplomes. Chacun est riche de ses intelligences; sociales, analytiques, mathématiques, sensibles, et chacun contribue à la construction d’une réponse commune. Certains ont du mal à s’exprimer et pourtant ils ont dans leur tête une richesse folle, et l’inverse existe… Certains « sentent » les choses sans pouvoir toujours organiser leurs pensées mais si on sait les écouter… Certains se taisent tout simplement parce qu’on ne les écoute pas…

Donc oui à une mise en place de consultations populaires ou celui-là même qui lance la consultation fait l’effort au préalable de tout donner (savoir, idées, chiffres, doutes) afin que les citoyens puissent réfléchir au préalable aux réponses possibles; il n’y a rien de plus détestable que de venir à une réunion en n’ayant aucun élément et de découvrir bien souvent dans un langage abscond un problème pour lequel on n’est pas préparé ! On a dans ce cas, qu’une envie, partir et ravaler son estime de soi en mesurant l’écart « d’intelligence apparente » entre celui qui sait et celui qui ne sait pas. Ou alors, on réagit en exprimant plus une colère et une contrariété qu’un apport riche et productif pour tous. Donc oui pour plus d’information si elle nous permet d’exprimer notre point de vue sur des sujets qui ne sont pas encore complétement aboutis et formatés par quelques-uns…
Faut-il encore que l’élu ait vraiment envie de partager, faire participer, accepter les contrariétés, et perdre parfois du temps apparent (mais seulement pour celui qui ne sait pas écouter).

Pour conclure, je dirai que la communication sincère sur des informations réelles et productives d’intérêts n’est jamais du temps perdu, est une nécessité, permet de vérifier, valider, contrer, alerter sur tout travail ou acte d’élu; encore faut-il que celui-ci ait une qualité rare: la sincérité. Qu’il possède une volonté réelle: celle de partager et impliquer. Qu’il ait enfin une honnêteté intellectuelle et matérielle réelle et transparente.

 

NB: Je remarque en relisant ce document que j’ai souvent parlé de communication honnête, réelle. Je crois que je suis comme nous tous un peu traumatisé par la communication présidentielle de ces dernières années, veuillez m’en excuser.

 

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