La chaussée de l’Escalaire

Une enquête d’utilité publique va être diligentée par le préfet de la Haute Garonne, en ce début d’année, concernant la suppression de la chaussée de l’Escalaire.

Suite à une demande de la société Rouleau Guichard (entre autres société de production d’électricité) de faire sauter la chaussée de l’Escalaire pour augmenter la production de sa micro-usine installée à Bessières, nous avions réagi en 2010 et réussi à faire stopper l’opération. Aujourd’hui, le nouveau préfet relance l’affaire.

Mr Eric Oget, président de la communauté des communes a été averti la semaine dernière. Il a tenté de gagner du temps en proposant une solution alternative, qui risque d’échouer…

Ceci étant, si nous, les Bondigounais, ne nous mobilisons pas, je ne sais pas qui va le faire…

 

Je vous renvoie à un papier écrit en fin 2010 par J Philippe Tizon, dans l’Oeil de Villemur concernant cette affaire.

 » Une histoire d’eau sur laquelle le citadin moyen adepte du vert ne verrait, a priori, rien à redire, et pourtant…. Quand le libéralisme sous couvert d’écologie -merci au Grenelle de l’environnement- s’invite dans notre vallée, les citoyens (nes) trinquent.       

Derrière la libre circulation de la rivière se cachent la libre circulation du fric et du n’importe quoi sous couvert d’accroître la production d’énergie propre.

Cette suppression de « barrage » a pour seul but de faire progresser le débit d’eau afin d’augmenter la production hydroélectrique d’une entreprise privée. Cette dernière accroîtrait ainsi ses ventes et ses bénéfices en vendant sa production à ERDF.        

« Pour un choix politique d’intérêt général ».

 Augmenter la production d’énergie propre pour faire progresser les bénéfices d’une seule entreprise au détriment des vies humaines, animales et économiques structurées autour du Tarn, voilà une démarche écologique bien singulière.

Elle démontre une fois de plus, que l’idéologie libérale -au sens du MEDEF- sert en premier l’égoïsme de quelques  entrepreneurs aveuglés par l’appât du gain au détriment de l’intérêt général et d’une vision plus complexe des interactions existantes autour d’une rivière.

Eric Oget, en appelant à la mobilisation des citoyens(nes) et des élus, souligne, bon gré mal gré, l’importance de créer une résistance à ces dérives au plan local mais aussi celle de construire de véritables alternatives en la matière. »

 

Vous me direz, et alors, on peut la faire sauter cette chaussée ! … les choses ne sont pas si simples.

La disparition du barrage peut entrainer de graves conséquences tant au niveau de la pollution que par la pénurie d’eau nécessaire pour l’agriculture et l’ensemble de nos besoins

Pour ceux qui n’étaient pas là ou qui ont la mémoire courte, je rappelle qu’une forte mobilisation avait tenté d’empêcher la construction de l’incinérateur de Bessières… Le préfet était passé outre. Mais sachez qu’un tuyau immergé pompe de l’eau pour refroidir les installations de l’incinérateur. Les inquiétudes sont multiples, déjà l’été 2010 l’incinérateur a eu recours à l’eau potable pour son refroidissement, il faut de plus assurer l’irrigation de 300 à 350 hectares de terres agricoles et préserver la sécurité des établissements Lapeyre assurée par deux pompes immergées. En 2010 le débit du Tarn est tombé de 27m3/s à 17m3/s et, en 2011, il avait un débit certainement inférieur.

Si la chaussée saute, l’eau s’écoulera à un niveau rabaissé définitivement de 70 cm… Autant l’hiver cela n’a pas de conséquence, autant l’été, on peut se retrouver sans eau, sans réserve pour les deux usines consommatrices d’eau. Le Tarn est un réservoir pour notre canton et la suppression du barrage entrainera d’autres effets préjudiciables à tous.

Le Tarn reste la propriété de l’Etat et il est obligatoire d’obtenir des autorisations pour effectuer des travaux, mais les chaussées appartiennent au Département qui ne bouge pas, trop heureux de voir des centres de coût disparaitre…

Devons-nous rester sans rien faire ? Non bien sûr…

Restez à l’écoute de vos élus pour connaitre les détails de l’affaire. Mr Eric Oget devrait soumettre son projet d’ici peu… Attendons quelques jours… Mais je crains que l’affaire ne soit perdue si les citoyens ne se sentent pas concernés…

l’ATEV, Association Tarn Eau Vivante devrait réagir elle aussi… Mais ne comptons pas trop sur les autres, cette chaussée est à Bondigoux tout de même !!

 

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