Réflexions sur une société fraternelle

Au regard du temps passé, je parle de ces quelques millions d’années qui nous ont menées jusqu’à aujourd’hui, nous, en tant qu’être vivant, nous ne sommes rien, absolument rien. Nous sommes, sans le savoir bien souvent, programmés pour fabriquer un maillon supplémentaire d’une chaine qui en possède déjà plus de quatre cent mille dans sa longueur. Cette chaîne est la preuve de notre propre instrumentalisation au développement d’une race animale à peine plus évoluée que les autres….

Et pourtant, combien notre vie nous est chère! Trop chère sans doute car nous en oublions les autres.

Un accident dans le fonctionnement de notre société a eu lieu au cours du 20 ième siècle. Il a changé les règles: les enfants des humains sont devenus le centre des vies de leurs parents. De tout temps, dans le monde animal auquel nous appartenons, les enfants ont été protégés dans leur premiers pas, mais nous, nous battons tous les records! Nos dernières générations ont franchi une ligne dont nous commençons à seulement deviner toutes les conséquences. Le fait de surprotéger, d’être au service, de choyer les petits « hommes » , de ne pas les préparer à faire face à leurs futures responsabilités, en ne leur transmettant ni nos valeurs, ni nos savoirs faire en matière de vie, a une conséquence terrible sur leur capacité à continuer à construire les futurs maillons de la chaîne, sans compter qu’ils ne sont pas préparé à survivre si un incident, géologique, technologique, sanitaire, stellaire survenait.

Et sans compter les dégâts commis dans leur développement social, qui en fait de petits « délinquants sociaux » exigeants, sachons tout d emême que nous nous préparons, nous leur préparons des fins de vie difficiles; seuls.

L’égoïsme: c’est ce roi totalitaire que nous avons installé sur le trône de notre cerveau à partir d’un repli sur soi au travers de jeux électroniques virtuels et d’un monde « facebooké » où les faux amis pullulent pour uniquement satisfaire notre besoin d’exhibitionnisme. Et quand on décroche de ces joujoux, après avoir envoyé quelques SMS ou bavardé au travers de ces fleurons de technologie que sont les téléphones, c’est pour allumer la télévision. Nous continuons à enfermer nos enfants et nous même dans une bulle imperméable aux réalités quotidiennes, petits voyeurs soumis au dictat des vendeurs de rêves et d’objets de consommation inutile. Oh! bien sûr, ce quotidien nous rattrape toujours mais le moyen d’y faire face diffère suivant que l’on ait des valeurs de vie en société ou pas. Un sera ouvert, attentif aux autres, prêt à aider, l’autre sera l’éternel demandeur plus ou moins violent, assisté et consommateur de biens comme de relations humaines jetables et remboursables! Ce qui m’effraie, c’est de constater combien la population du second type d’individu se multiplie rapidement.

J’exagère à peine…

Depuis les années 80, celles du binôme infernal, Thatcher / Reagan, les valeurs ont changée ou disparu. L’argent roi, la dérégulation sauvage qui permet à certains (pas les plus tendres) de rafler la mise en dollars sans se préoccuper des dégâts collatéraux, la paupérisation des masses qui comme au temps des romains consomment du pain et des jeux (le football, les playXXX, les films où la violence, la vulgarité sont mises en avant, et la bouffe MacDonalisée…) sont devenu le nouveau mode de vie de la majorité d’entre nous. Le plus navrant c’est que l’on critique l’éducation nationale de ne pas faire de nos enfants dieux de bonnes têtes formatées pour conquérir le monde, mais se demande-t-on quelle part, nous parents, nous avons dans ce gâchis? Les instituteurs et professeurs ne peuvent pas remplir des têtes déjà pleines de conneries télévisuelles à en dégueuler et sans aucune fondation sur la vraie vie sociale! Nos ados ont tous des têtes de déterrés tellement ils passent de temps à consommer de la soupe télévisuelle ou networkée, oh! ce n’est pas les quelques minutes de leur travail scolaire qui les épuise…

Nos jeunes sont construits sans fondations! C’est aux parents de bâtir ses fondations! Mais eux-mêmes sont le résultat d’une éducation consumériste, principe de la gueule ouverte attendant qu’on lui donne la becquée! et à moindre prix s’il vous plait! Ce ne sont pas les parents les responsables et encore moins l’éducation nationale, ce sont les politiques qui ont transformé les fondements de notre société pour leur enrichissement personnel et celui de leurs amis.

Des politiques bien de chez nous ont en effet emboité le pas des modèles US, sans se poser vraiment de question en matière d’humanité, déontologie, santé publique, structure sociale. Ils ont participé à cette transformation désastreuse de nos vies et se sont gavés en bonne conscience: « la mondialisation nous oblige, alors on a pas le choix non? » On a toujours le choix…

Dans cette triste affaire où il nous semble que tout nous échappe, la fraternité en a pris un sacré coup! Oui, je rêve de plus de fraternité ou le souci de l’autre sera supérieur ou au moins égal au souci de soi! Oui je rêve d’un monde où l’avenir et le bien-être de nos enfants ne se mesurera pas aux nombres de jouets que l’on pourra leur offrir mais à leur niveau de socialisation et d’acquisition de fondamentaux humains, transmissibles, et constructifs.

La fraternité, c’est le mot intégré dans les fondations de notre république, juste à côté du mot égalité et non loin de celui auquel tout le monde tient ; liberté.

Ces mots ne sont pas que des mots, et si on en enlève un seul sur les trois, alors la République pourrait s’effondrer. Je pense que les trois sont en danger, mais si notre liberté se restreint c’est tout bêtement parce que notre fraternité s’effrite, preuve en est les commentaires égoïstes des « consommateurs » de services qui disparaissent le temps d’une grève à cause de quelques-uns qui tentent encore de sauver ce qui peut l’être face aux tenants du pouvoir « libéral », dérégulé qui étouffera toujours les plus faibles. Et l’égalité, le troisième support de notre république intimement liée à la fraternité, redevient en conséquence une utopie, un concept sur lequel peu réfléchissent hélas; il s’éteint sans un cri de rébellion ou presque.. .

Donc oui, la fraternité quotidienne doit être inculquée à nos enfants, en les sortant de ce monde virtuel qui les abêti en les « obligeant, convainquant » à participer à la vie citoyenne au travers de vrais actes d’amitié, d’effort, de solidarité et de partage. Oui, les parents sont les piliers de la construction de la vie de leurs enfants, ils sont responsables de leur socialisation. Ce que l’on attend d’eux, c’est tout le contraire de ces démissions quotidiennes face aux exigences de ces montagnes d’égoïsme qui pourtant ne demandent qu’à être cadrés et éclairés..

J’ai l’impression d’écrire un texte dépassé, et de me ringardiser, et pourtant j’ai le sentiment d’effleurer la vérité qui pourrait permettre de sauvegarder un système de gestion de notre société qui nous avait jusqu’à peu, épargné le retour à l’ancien régime où 1% de la population détenait la totalité des biens, des libertés, du savoir… Mais voilà! nous y sommes revenus en 20 ans seulement!

La fraternité ne se décrète pas, elle se vit au quotidien, elle se développe, se bichonne… Elle commence sa vie quand on arrête de détourner le regard d’une détresse ou d’un manque qui nous dérange chez l’autre, elle s’entretient au travers de gestes et d’actes citoyens gratuits, elle est protégée quand tout un chacun la défend sans honte et avec force… Elle est triomphale quand nos actes soulagent la vie de la communauté, quand nos enfants nous montreront le chemin…

 

 

 

4 réflexions au sujet de « Réflexions sur une société fraternelle »

  1. NOS HOMMES POLITIQUES ET NOTAMMENT CEUX QUI SONT AU POUVOIR MONTRENT PAR LEURS PROPOS ET LEURS ACTES QU’ILS N’ONT QUE FAIRE DES FONDAMENTAUX DE LA REPUBLIQUE.ILS DEVRAIENT ETRE LES HERITIERS DU SIECLE DES LUMIERES ET NE SONT QUE LES DISCIPLES DE THATCCHER ET REAGAN, PRETS A TOUTES LES BASSESSES POUR ARRIVER A LEURS FINS. INDIVIDUALISME FORCENE OBLIGE.ILS ONT UNE GRANDE RESPONSABILITE DANS l’EVOLUTION ACTUELLE DE LA SOCIETE FRANCAISE. MEME S’ILS NE SONT PAS LES SEULS .JE COMPRENDS QUE BEAUCOUP DE NOS CONCYTOYENS AIENT DU MAL A S’Y RETROUVER VU LE MATRAQUAGE QUE NOUS SUBISSONS. TOUS NOS DIRIGEANTS ET A FORTIORI LES PRETENDANTS A LA PRESIDENCE DEVRAIENT JURER FIDELITE AUX FONDAMENTAUX DE LA REPUBLIQUE LIBERTE,EGALITE,FRATERNITE. POUR BEAUCOUP D’ENTRE EUX CE SERAIT PLUS DIFFICILE QUE D’OBTENIR LES 500 SIGNATURES

  2. Bonjour à tous,
    je lis aussi ce blog depuis notre arrivée à Bondigoux en juin dernier, et j’apprécie la démarche de reflexion et l’envie de faire ‘bouger les choses’ dans ce petit village…
    Il serai sympa de faire un’ apero rencontre’ des lecteurs et du redacteur du blog en vrai non?
    Quelque chose de simple hein, pas d’organisation complexe !
    (Ici je connais donc déja Bodo grâce à notre ‘connexion professionnelle inter-bondigounaise’, alors continuons de construire une communauté locale ! )
    L’idée vous plait?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


9 + = treize