Pourquoi est-il important que les élections municipales soient un moment de réflexion ?

 

Périodiquement, les élections municipales nous proposent, à nous citoyens, de participer à une réflexion collective sur le devenir de notre cadre de vie.

Bien sûr, ce moment est aussi celui du bilan ; bilan des décisions et actions prises par l’équipe qui a été mandatée par nous tous pour s’occuper de la gestion de notre territoire. Mais il est surtout le moment de poser les problèmes pour imaginer des solutions, de poser des envies, voire des utopies pour imaginer un autre devenir…

 

Aujourd’hui, la vie municipale est prise en étau entre une nouvelle structure qui se développe, la Communauté des Communes et une population de plus en plus individualiste qui se comporte, parfois, vis-à-vis des gestionnaires de leur municipalité, en consommateurs.

J’ose imaginer que nous devrions réfléchir à ce positionnement qui mériterait de glisser légèrement afin de retrouver sa véritable place.

 

Une équipe municipale n’est pas au-dessus des citoyens, elle n’est pas non plus « un fournisseur » de services ou de biens, elle n’est pas détentrice de la vérité et des solutions à tous les problèmes qui traversent les vies de chacun, elle est encore moins le bouc émissaire de personnes désorientées par les problèmes et soucis qui les assaillent. Si bien souvent le mode relationnel existant entre le maire, les élus en général, et les électeurs et citoyens de notre commune, est ce qu’il est, c’est bien parce que le positionnement du maire et des élus en général n’est pas le bon, et que celui des citoyens peut aussi être réexaminé.

Pour moi, une équipe municipale est avant tout un groupe de femmes et d’hommes ayant reçu délégation de décision sur les affaires courantes de notre village. Elle n’est pas au-dessus des lois, elle n’est pas la représentante de tel ou tel clan, elle ne doit pas privilégier des intérêts personnels face à l’intérêt collectif.

 

Le lourd héritage de l’ancien régime continue de pervertir le fonctionnement républicain de notre société.

En effet, tout homme, ou organe, investi d’un certain pouvoir, même délégatif, est vu encore aujourd’hui comme une source de bienfaits et de privilèges pour celui qui l’exerce. Comme dans les sociétés tribales, le chef a droit aux plus belles femelles et aux meilleurs morceaux des prises réalisées sur les ennemis. Pire, comme aux temps anciens, il est sollicité pour arbitrer ou trancher sur des différents entre citoyens.

Mais qui est-il pour s’arroger de tels pouvoirs ?

La réponse est ailleurs, ce n’est pas lui qui s’est attribué de tels pouvoirs mais le regard, la volonté des solliciteurs qui les lui a attribués afin de ne plus être seuls face à leurs problèmes qui n’ont pourtant rien à voir avec le souci du collectif. Et si l’élu a un besoin de reconnaissance, bien évidemment qu’il endossera cette vêture d’arbitre, de chef, de juge, avec empressement.

 

« Aide toi et le ciel t’aidera ». Nous devrions nous rappeler chaque matin cette litote afin de chercher en nous-même les solutions à nos problèmes.

En effet, ne plus donner aux élus une importance usurpée aux électeurs serait déjà un moyen de ne pas réveiller chez eux des envies de pouvoir.

 

Et pourquoi n’est-il pas sain de déléguer notre pouvoir de décider, d’agir, de vivre, à nos élus ?

Parce que le pouvoir, c’est comme un vélo ou une bombe H, quand on le met entre les mains d’autrui, il va au départ, le regarder, s’en amuser, puis l’essayer, s’y habituer, et enfin, parfois, en abuser au détriment, justement, de ceux-là mêmes qui le lui ont concédé.

 

Aujourd’hui la situation est terriblement pervertie. Nos élus sont profondément persuadés qu’ils sont propriétaires de leur fonction et regardent les échéances électorales plus comme des agressions et des risques, que comme de formidables opportunités démocratiques de remettre sur la table de vrais sujets de réflexion sur l’avenir de notre territoire et de nos vies.

Je connais des élus, et vous aussi je suppose, qui sont accrochés à leurs fonctions et surtout aux revenus et avantages qu’ils en tirent, en oubliant qu’ils ne sont là que pour servir et non pas se servir.

 

Le moment de renouveler l’équipe municipale doit donc être aussi et surtout un moment de réflexion personnelle sur l’opportunité de mettre en place une nouvelle façon de voir la politique, la gestion municipale, en remettant à sa place votre réelle capacité, et donc votre pouvoir, à peser sur le futur qui vous concerne au moins autant qu’à vos élus.

 

Ecoutez, analysez les dires et observez surtout les comportements de chacun des candidats, qui va se présenter à vous, avec attention et intelligence en vous rappelant que le pouvoir c’est vous qui le détenez.

Il ne vous reste plus qu’à réfléchir au futur qui vous fait rêver pour vous et vos proches, et surtout pour la collectivité de femmes et d’hommes qu’est notre village.

Une réflexion au sujet de « Pourquoi est-il important que les élections municipales soient un moment de réflexion ? »

  1. Très beau texte. Je partage sans réserve cette conception de la fonction des élus. Dommage que tous les électeurs de Bondigoux n’aient pas accès à la lucarne.

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