La chaussée de l’Escalaire pourrait être sauvée

Pour vous résumer nos actions de ces derniers mois, la société Rouleau-Guichard, propriétaire de la microcentrale installée sur la chaussée de Bessières avait déposé depuis 2006 une demande d’arasement de la chaussée de l’Escalaire, afin d’augmenter la productivité de sa turbine.

 

L’ATEV, dont Gilles Franqueville est le président, a très vite réagi pour mobiliser les politiques, les responsables locaux et de nombreux adhérents. Il a mené un combat efficace et toujours passionné.

 

Après des aléas dont je vous fais grâce, Eric Oget, face à l’enquête publique qui s’est déroulée à la fin de l’année 2013, a proposé un « contre-projet » afin de bloquer ce qui semblait inéluctable.

 

Il m’a demandé de piloter le comité qui avait en charge de démontrer l’intérêt du projet « rendre navigable le Tarn ». Ce projet doit prolonger ce qui a déjà été réalisé jusqu’à Montauban et relier en final la méditerranée à Bessières…  Il doit surtout développer le tourisme vert et des activités autour de l’eau pour devenir le site, d’une telle envergure, le plus proche de la métropole Toulousaine.

 

La préfecture qui avait accepté que la chaussée soit arasée de 91 cm a demandé en 2013 sa suppression complète, fondations comprises, pour respecter la loi sur l’eau consécutive à une directive européenne, qui demande la suppression de toutes les infrastructures sur les cours d’eau qui pourraient empêcher la circulation de la faune aquatique. Des pénalités européennes sont en jeu et le retard pris sur cette directive désigne déjà notre pays comme un mauvais élève qui aurait de fortes amendes à payer d’ici peu.

 

Après avoir produit un dossier qui évalue les retombées économiques au travers du développement du tourisme qu’un tel projet engendrerait, nous avons rencontré le 13 janvier la préfecture pour défendre ce projet face à celui de Rouleau-Guichard. Le sous-préfet en charge du dossier a été séduit par notre proposition mais il nous a donné peu d’espoir en appuyant son argumentation sur les différentes lois européennes sur l’eau d’une part et sur l’absence d’un financement verrouillé pour notre projet d’autre part.

 

Nous avons retravaillé à nouveau le dossier sur certains points qui touchent à son financement et ajouté à notre offre la mise en place d’une microcentrale sur la chaussée de l’Escalaire avec la mise en place de deux échelles à poissons pour satisfaire la loi sur l’eau.

 

Nous avons enrichi notre argumentation avec les études réalisées par la société EGIS qui ont démontré l’impossibilité de réaliser notre projet si la chaussée de l’Escalaire était supprimée, et transmis en février le dossier définitif à la préfecture.

 

Rouleau-Guichard a compris que notre projet mettait en danger le sien et certainement a-t-il cherché également à éviter une destruction complète de la chaussée qui représentait un coût important. Il a contacté la société EGIS afin de trouver un arrangement qui satisfasse les deux parties.

 

Une rencontre a eu lieu entre EGIS, Rouleau-Guichard, la Com/Com Val’Aïgo, et moi-même.

 

La proposition qui a obtenu consensus et qui va être proposée à la préfecture est la suivante.

 

L’arasement de la chaussée ne sera pas supérieur à 75 cm, et permettra la navigation sur le Tarn tout en garantissant une réserve d’eau suffisante pour les agriculteurs ainsi que l’usine Econotre. L’été sur une durée à définir entre 3 et 4 mois, l’eau sera retenue par des vannes installées sur la chaussée, l’écluse sera utilisée normalement. Le reste du temps, l’écluse restera ouverte, les vannes rabaissées. Ainsi le passage de l’eau sera quasiment libre et permettra un gain de productivité de la microcentrale installée à Bessières. Une échelle à poisson sera installée.
Par contre, le projet de la microcentrale sur la chaussée de l’Escalaire risque d’être irréalisable dans pareille solution.

 

Tout compromis reste insatisfaisant certes, mais celui-ci permet la réalisation des deux projets et surtout il donne aux agriculteurs, sous réserve de validation d’études complémentaires, l’assurance d’une irrigation en été et à l’usine Econotre la possibilité d’assurer son activité en période d’étiage.

 

L’arbitrage se fera à la préfecture, et si le compromis est accepté, il sauvera la chaussée, si le projet porté par Val’Aïgo n’est pas abandonné, car maintenant, après l’élection d’un nouveau président de la communauté des communes, la continuité de ce projet, qui a mobilisé tant d’énergie, reste suspendue au bon vouloir de nos élus. Sachant que Didier, notre maire, ne semble pas être un fervent supporter de ce projet pourtant vital pour l’économie locale, j’espère que le nouveau président en comprendra lui, véritablement les enjeux.

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