De 1870 à 1914: Les origines d’une explosion de l’Europe!

De Georges Labouysse

 

« On croit mourir pour la patrie,

On meurt pour les industriels« …

Anatole France

 

 

A l’automne 1913 de grandes manœuvres militaires se déroulent dans la région toulousaine en présence d’observateurs des Etats européens, allemands en particulier, qui se congratulent confraternellement, quelques mois seulement avant d’envoyer les peuples se massacrer dans la boue des tranchées au nom de leur patrie respective… Mais quelle « patrie »? Celle de nos patrimoines historiques ou celle des « chevaliers d’industrie », des banquiers et des marchands de canon?

Durant une trentaine d’années auparavant, l’on déplorera une cascade de conflits plus ou moins graves, liés aux rivalités coloniales entre les grandes puissances européennes, qui portent tous en germe une guerre généralisée possible. Des alliances commerciales et militaires vont se nouer et se dénouer, un long processus qui verra l’explosion de l’Europe en 1914.

Jean Jaurès commentera quotidiennement ces événements durant toute cette période dans la presse, en particulier dans « La dépêche de Toulouse« . Tous ses écrits seront un plaidoyer permanent pour une résolution pacifique des conflits et des rivalités entre nations et pour un système européen d’arbitrage entre les Etats. Il écrit le 18 septembre 1912: « Il vaut mieux organiser dans la paix l’alliance générale des peuples européens. »

Parallèlement en France un nationalisme agressif dirigé essentiellement contre l’Allemagne se met durablement en place en vue d’une revanche militaire, après le rattachement de l’Alsace-Moselle à l’empire fédéral allemand. Clemenceau clamera que son nationalisme « est tourné vers la ligne bleue des Vosges« .

L’école va jouer dès lors un rôle primordial et l’enseignement d’une Histoire officielle mythique forgera et entretiendra un nationalisme français dangereux, à travers le culte de héros intouchables et d’une France « une et indivisible »… de Dunkerque à Tamanrasset!

 

Jaurès sera assassiné le 31 juillet 1914. Dernier obstacle au déclanchement d’une guerre généralisée en Europe, il sera le premier mort de ce conflit qui en engendrera d’autres durant ce XXe siècle, le plus barbare de l’Histoire.

 

 

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