Et là, nous espérons que les prêts de notre commune ne sont pas toxiques…

L’appréciation du franc suisse par rapport à l’euro ce jeudi 16 janvier 2015 met en grand danger les collectivités locales ayant souscrit des emprunts indexés sur la parité euro/franc suisse. Les taux d’intérêt annuels dont elles devraient s’acquitter pourraient bondir pour certaines jusqu’à 25% du capital !

 

Cela ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment pour les collectivités locales françaises.La hausse du franc suisse ce jeudi, qui s’est stabilisé au moment de la rédaction de cet article à 1,04 franc suisse l’euro, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour celles qui ont souscrit des emprunts -très répandus durant les années 2000- dont le taux d’intérêt est indexé sur l’évolution de la parité euro/franc suisse.

 

En effet, à chaque fois que le franc suisse s’envole, les collectivités concernées voient le taux d’intérêt annuel qu’elles paient sur leur emprunt croître, voire bondir comme cela risque d’être le cas dans les prochains mois. La faute à une vieille croyance de banquiers d’avant crise de 2008 qui disait que rien ne pourrait atteindre la stabilité de la sacrosainte parité euro/franc suisse. Ils n’avaient en rien anticipé que les marchés financiers considéraient le franc suisse comme valeur refuge par excellence à chaque période d’incertitude, le faisant s’apprécier.

 

L’ardoise risque d’être salée pour les collectivités

 

Ce cas de figure est donc à nouveau en train de se produire et les collectivités risquent, encore une fois, d’en payer les frais. Mais ce coup-ci, l’ardoise risque d’être très (trop ?) salée pour certaines d’entre elles. En effet, dans les pires des cas, c’est-à-dire pour celles qui ont été contraintes de souscrire ces prêts dits « toxiques » entre 2007 et 2009 à l’époque où l’euro était au plus haut par rapport au franc suisse – la devise helvétique est montée à cette époque jusqu’à 1,66 franc suisse l’euro -, les taux d’intérêt des emprunts pourraient s’élever à… un quart du capital restant dû.

 

Les banques, la défunte Dexia en tête, ont souvent introduit dans leurs contrats de prêt une parité « pivot » de 1,44 franc suisse l’euro en dessous de laquelle il est prévu que les intérêts des emprunts s’envolent. Fixe à environ 4,5% lorsque la parité se maintenait au dessus de 1,44, le taux d’intérêt de ces emprunts est devenu variable lorsque la parité est passée en dessous de cette parité pivot. La variation devenant égale à la différence entre le taux de parité pivot et la parité réelle euro-franc suisse divisée par deux, majorée du taux d’intérêt fixe initial.

 

Concrètement, lorsque la parité réelle était d’1,24 franc suisse l’euro, le taux d’intérêt annuel payé par la collectivité ayant souscrit ce type de prêts s’établissait à (1,44-1,24)/2 + 4,5, soit 14,5% du capital restant dû.

Désormais, avec la nouvelle parité à 1,04, le taux annuel sera de (1,44-1,04)/2+4,5% soit 24,5% du capital restant dû ! Déjà très mal en point, certaines collectivités -qui n’auraient du reste jamais dû souscrire ces prêts- risquent de se retrouver au bord du précipice.

2 réflexions au sujet de « Et là, nous espérons que les prêts de notre commune ne sont pas toxiques… »

  1. Un article qui reflète la situation financière mondiale ainsi que celle de la France ….. Est ce que HOLLANDE va finir par prendre les mesures économiques et fiscales qui s’imposent avant que nous atteignons un taux de 25% de chômage, etc …..

    http://www.boursorama.com/actualites/l-endettement-mondial-explose-et-menace-la-croissance-selon-une-etude-8ec7549e2917c84da8c075d950461818

    Merci d’éviter de publier mon préambule. Cet article mérite d’être publié.

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