Dix personnes ont péri dans un accident d’hélicoptère.

Les médias se sont emparés d’un accident où dix personnes ont perdu la vie, drame inqualifiable.

La violence de la mort, le cadre de l’accident, la notoriété des personnes ont fait que ces morts ont secoué la société française.

Lorsque l’on écoute les commentaires, il semblerait qu’une hiérarchie se soit imposée dès le départ quant au poids de la mort de chacun. Florence Arthaud est celle que l’on nomme le plus puis viennent derrière Camille Muffat et Alexis Vastine, ensuite rien, les techniciens ont été nommés qu’une ou deux fois et les pilotes jamais, eux resteront des anonymes…

 

Y aurait-il dans la mort comme dans la vie une hiérarchie sur l’importance, le poids des individus ? Oui hélas et nous n’y pouvons rien semble-t-il…

Des millions de mots écrits, des millions de phrases prononcées, des images qui ont tourné en boucle, et des sentiments plus ou moins sincères ont accompagné les premiers jours ces personnes décédées tragiquement. Je vous le rappelle, dix personnes dont sept français et surtout trois « vedettes » sont mortes et ont soulevé une vague d’émotion, normale certes, mais bien orchestrée par les médias, sinon, nous serions tous passés à autre chose, avoue-on-le.

Je ne conteste pas que toute mort soit tragique, mais nous nous rendons compte que si cette mort est brutale, spectaculaire, qu’elle concerne des personnes connues par le plus grand monde, alors la réaction émotionnelle devient générale, disproportionnée, et pourtant normale car manipulée.

 

Alors je vous pose une question : qui a su qu’au mois de janvier de cette année 10 600 personnes sont décédées de la grippe en France ? Qui sait que c’est statistiquement le double d’un mois « classique » en période de grippe ? Qui a entendu les médias en parler ne serait-ce que mille fois moins que de cet accident tragique ?

Alors ? La mort de ces 10 600 personnes serait-elle moins dramatique, importante que celle de nos trois sportifs ?

Oui, elle l’est car elle est survenue après une maladie et notre inconscient collectif a en lui que la mort peut faire partie de la maladie, alors qu’elle n’est pas présente quand on est en pleine santé. De plus la violence spectaculaire et bien sûr imprévue de la mort dans un jeu, que l’on suppose encadré et filmé, est amplifiée par le choc des images et comme je l’ai dit plus haut du lien que nous avons construit au fil des années avec tel ou tel sportif médiatisé lors d’évènement générateurs eux aussi de fortes émotions.

Alors oui, la mort de ces trois sportifs nous touche plus que les dix mille six cent morts anonymes de la grippe…

Devons-nous nous insurger de ce qui ressemble tout de même à une aberrante injustice ?

 

Je laisse à chacune et à chacun y répondre, car moi j’en suis incapable.

3 réflexions au sujet de « Dix personnes ont péri dans un accident d’hélicoptère. »

  1. Objectivement je trouve que cet article devrait comporter au moins un « petit paragraphe » à la mémoire des chômeurs, des retraités et des travailleurs pauvres ou en burn out qui SE SUICIDENT en raison de la folie imposée par ceux qui nous dirigent aussi bien au niveau national qu’au niveau européen.

  2. Bonjour
    je réponds au commentaire sur le suicide. Vaste sujet qui mérite un article mais qui n’est qu’en marge de l’article qui ici s’interroge plus sur le rapport des citoyens à la mort, instrumentalisée par les médias.
    On peut effectivement mourir en jouant ou en pratiquant un sport, par la maladie, en circulant ou bien « volontairement » à cause de raisons endogènes ou exogènes. La violence économique est effectivement une cause réelle et importante de la mort « volontaire » (suicide) ou pas…

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