100 ans déjà

Maximin ROUX est né le 9 janvier 1893 à Montvalen fils de Roux Jean et de Gay Jeanne. Il était le quatrième enfant d’une famille d’agriculteurs qui en comptait cinq.

Lors de son incorporation le 20 octobre 1913 il est décrit, sous le numéro de matricule n° 133, comme un homme de 1,70 m (ce qui était grand pour l’époque) aux cheveux châtains foncés, yeux marron foncés, front de hauteur moyenne, au nez rectiligne, au visage osseux, avec un niveau d’instruction n° 2 dans une échelle qui en comporte 5, il est dit de profession cultivateur.

Il est incorporé sous le matricule n° 4962 au 59ème régiment à compter du 1er octobre 1913, et arrive dans son corps le 26 novembre 1913 comme soldat de 2ème classe.

Parti au front le 7 août 1914, il est intégré dans la 4ième armée. Il est blessé d’une balle à la tête le 27 août 1914 à Raucourt, il est évacué à l’arrière.

Il passe au 2ème régiment du génie, affecté à la compagnie n°17/52 sous le numéro de matricule n° 25610 le 1er octobre 1915 (en exécution de la note n°7869 du GGG en date du 13 sept 1915).

Il a été surpris en compagnie de quelques camarades dans la nuit du 16 au 17 février 1916, par les gendarmes, en train de voler quelques bouteilles de vin dans un café abandonné, à quelques centaines de mètres de leur cantonnement. Certains, réussissant à échapper, sont allés rechercher leurs armes à la caserne toute proche en passant par un trou dans le mur, et sont revenus pour aider leurs camarades. Ils ont tiré sur les gendarmes… Tous réussissent à rentrer sauf le dernier qui est capturé à quelques mètres du mur.

Interrogé, il parle…

Maximin a été reconnu comme étant le principal instigateur du vol, commis à plusieurs, avec préméditation, par effraction et avec armes. Ses camarades ont bénéficié de circonstances atténuantes car on a considéré qu’ils n’avaient fait que suivre.

Lors de ce procès, il a bénéficié de l’assistance d’un avocat. Le Conseil de guerre a délibéré à huis clos.

Tombant sous le coup de l’article 250, chapitre VIII, du Code de justice militaire : « Est puni de mort, avec dégradation militaire, tout pillage ou dégât de denrées, marchandises ou effets, commis par des militaires en bande, soit avec armes ou à force ouverte, soit avec bris de porte et clôtures extérieures, soit avec violence envers les personnes ».

Il est condamné à la peine de mort avec dégradation militaire par le conseil de guerre de la 34ème division lors de la séance du 1er mars 1916.

Ses camarades sont tous condamnés de dix à vingt ans de bagne, (ces peines seront converties à un aller simple pour Verdun, car l’armée manquait de chair à canon).

La loi du 15 janvier 1916 stipulait que tout condamné à mort devait bénéficier d’un délai de quinze jours avant l’exécution de sa peine afin qu’il puisse avoir la possibilité de déposer une demande de recours en grâce auprès du Président de la République. Ce délai n’a pas été respecté… Son avocat a écrit un courrier le 1er mars, pour le président de la république, qui a été bloqué par le président du tribunal.

Le présent jugement a donc reçu exécution le 2 mars 1916, à 7 heures du matin, devant la troupe en armes, à Wanquetin situé à 12 kilomètres à l’ouest d’Arras, dans le Pas de Calais, au lieudit « Bois des onze« .

Une mention en rouge sur son avis de décès, retrouvé dans son village d’origine déclare, « Ce militaire n’est pas mort à l’ennemi« …

Son corps a été au départ enterré sur place à l’orée du bois « Des onze », dans le champ de Mr Vermesse.

Un vieil habitant de ce village, Henri Vermesse, se souvient être allé, lorsqu’il avait trois ou quatre ans, en compagnie de son père Armand, sur l’emplacement de la tombe située au pied du talus très haut, bordurant la pointe de leur champ. En 1921/22, le corps  a été transféré au cimetière militaire de Roclincourt au nord d’Arras, il a été transporté par Paul Mayeur dans son char à bancs.

Un peu plus tard, son corps a été transféré au cimetière de La Targette, un peu plus au nord, où il repose depuis sous le n° 1860.

Il est porté sur sa croix :                        Maximin ROUX. Mort pour la France le 2.3.1916…

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