Quand les hommes politiques ne sont plus des modèles…

Que pouvons-nous dire du triste spectacle que nous offrent les hommes et les femmes dits « politiques » des différents partis censés représenter les différents courants d’opinion de notre vieille démocratie ?

Les abus de gauche comme de droite, ou des extrêmes, réalisés avec une candeur, un sang-froid, ou un déni de la réalité, depuis des décennies avec l’argent public, notre argent, nous surprennent encore.

Et pourtant, et pourtant, depuis que le monde est monde, ces passe-droits ont toujours existé.

La différence avec ce qui était déjà connu et si ancien, puisque la Grèce antique comme la romaine en ont fait état, et maintenant, c’est qu’avant seuls les hommes de pouvoir placés en haut de la pyramide se permettaient ce genre d’abus, soit une dizaine de personnes, alors qu’aujourd’hui, trop de monde met les doigts dans le pot de confiture au nom du « tout le monde le fait, alors… ».

Avant, l’élite avait soit la force soit l’intelligence avec elle. Aujourd’hui, tout homme ou femme de pouvoir, pouvoir acquis par les urnes et non par l’intelligence ou la force physique, n’a plus la stature conforme à la fonction. Des voyous vêtus du costume de député, sénateur ou conseillé territorial, peuvent agir en toute impunité tant les protections de leur fonction au nom de l’indépendance du politique sont épaisses.

Je considère qu’un vrai homme ou une vraie femme politique doit être protégé(e) des lobbies, de la justice arbitraire, de l’exécutif afin de nous représenter en toute sérénité. Mais on voit ici la face B de cette protection.

Les hommes (je cesse de dire « et femme », mais le cœur y est) politiques d’aujourd’hui ont en général perdu tout contact avec la réalité économique des citoyens qui les ont portés au pouvoir. Leur train de vie est tout simplement trop élevé, et ils n’ont plus le souci du quotidien mais seulement celui de se maintenir lors d’une prochaine élection. Ils ont plus le souci de leur personne que celui de la communauté, et, pour les avoir fréquentés, ils perdent en quelques mois après leur élection leur statut de citoyen lambda pour se vêtir de celui de l’homme de pouvoir. Pouvoir par la représentation, pouvoir par l’argent, pouvoir par l’image que les médias propagent, pouvoir par la capacité à nuire ou à donner quelques avantages…

Comment, à partir de là, ne pas perdre pied ?

Eh bien, seule l’intelligence sociale peut sauver notre élu. Mais combien en sont dotés quand on sait que le chemin de la conquête de ce pouvoir qui les a portés où ils sont, passe par des compromis, des trahisons, des dénis, qui font appel à la part la plus sombre et la plus violente de leur personnalité, dont sont dotés  dotées seulement des personnes déjà « border line » ?

Comment ensuite ne pas se rembourser toutes ces souffrances, peurs, lâchetés par un excès d’argent ? Un autre moteur plus souterrain pousse l’inintelligent à agir ainsi : prouver à ses proches, qui ont parfois douté, qu’il a réussi. L’argent est de nos jours le moyen le plus expressif de la réussite d’un individu. Il permet aussi d’acquérir des amitiés, de payer des services rendus pour arriver où l’on est, d’acquérir des biens dignes de notre nouveau niveau social, de capter des voix pour le prochain scrutin électoral.

Alors, soit on cumule des fonctions de maire, de président ou vice-président de communauté de communes, de présidence de  la gestion des eaux communales ou intercommunales, ou d’autres niches que le citoyen classique serait étonné de découvrir, et on confisque ainsi le collectif  pour une minorité, et/ou, on cède aux lobbies, sacrifiant ainsi le citoyen à son intérêt personnel, on détourne de l’argent public, on accepte des « cadeaux » d’entreprises ou fournisseurs, et passés les affres des premiers renoncements, on s’habitue et commence alors une fuite en avant qui autorise tous les excès.

Aujourd’hui, la transparence voulue ou pas augmente grâce aux réseaux sociaux, à la connectivité multiple et le citoyen a accès à beaucoup d’informations. Les hommes politiques apparaissent alors comme des profiteurs sur le dos de la collectivité. L’étonnement, la colère, le mépris et puis le dégoût éloignent les électeurs des urnes… Le populisme a un boulevard ouvert par ceux-là mêmes qui auraient dû nous protéger…

Bien-sûr il reste des hommes politiques honnêtes. Mais les autres qui sont dépositaires du pouvoir  de participer à l’élévation et à la cohésion de la collectivité et qui en profitent pour procéder à un enrichissement personnel sont plus visibles qu’avant et ils ne comprennent pas que l’évolution de notre société a modifié le rapport de force entre eux et nous.

Donald Trump a gagné parce que les hommes politiques qui l’ont précédé ont détruit le respect que l’on pouvait leur accorder.

Chez nous n’importe quel populiste peut aussi prendre le pouvoir car nous, citoyens, ne savons plus comment casser ce système malhonnête.

Le spectacle donné par le candidat « Les Républicains », soi-disant inspiré par De Gaule, dans un déni total, qui j’en suis sûr ne comprend pas pourquoi il est vilipendé, ce spectacle est affligeant. Il y a eu Sarkozy, et bien avant Chirac qui ont cru eux aussi que le fait d’avoir les manettes concédées par le peuple les autorisait à confondre argent public et argent personnel. Que de dégâts commis par ces trois hommes.

L’histoire jugera… mais le mal fait au peuple restera… Le LR devrait disparaître pour laisser d’autres groupes essayer de reconstruire une confiance qu’ils ont cassée tant il incarne la malhonnêteté de nos politiques.

Que la justice fasse son métier en toute sérénité pour sauver ce qui peut l’être et restaurer une démocratie au service du collectif. Et que les intégristes de la manif pour tous restent dans leurs églises au lieu de contester le fait judiciaire.

 

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