Archives de catégorie : Le coin des nouvelles culturelles

Que se passe-t-il dans le canton et à Bondigoux ? Quels incontournables dans la régions en matière culturelle ? Quels livres à lire ? Quels films à voir ?

Commentaires de lectures

L’HOMME QUI  AIMAIT LES CHIENS de LEONARDO PADURA

Leonardo Padura Fuentes, né le 9 octobre 1955 à La Havane, est un journaliste, scénariste et écrivain cubain, auteur d’une dizaine de romans policiers, Prix Princesse des Asturies en 2015. Fils d’un commerçant devenu chauffeur de bus après la révolution cubaine, il fait des études supérieures en littérature hispano-américaine et décroche une licence avant de rédiger une thèse sur Inca Garcilaso de la Vega. Il étudie aussi le latin à la faculté de philologie de l’Université de La Havane où il a le romancier Daniel Chavarría comme professeur.

Il entre comme journaliste au supplément dominical du journal Juventud Rebelde et signe des critiques littéraires, ainsi que des articles de fond. En parallèle, et « à l’écart de tout activisme politique, il écrit des scénarios pour le cinéma »[1], notamment pour un documentaire sur la salsa. Jusqu’en 1995, il est rédacteur en chef de La Gazeta de Cuba.

L’homme qui aimait les chiens est en fait l’assassin de Trotski, 
Ce roman historique nous conte les destins croisés de Trotski, de son assassin , un espagnol nommé Ramon Mercader combattant communiste pendant la guerre d’Espagne recruté par les soviétiques pour cette mission très spéciale, et du narrateur un cubain désenchanté à qui Ramon Mercader se confie avant de mourir 38 ans après les faits. Nous naviguons donc de la guerre d’Espagne à l’URSS de Staline, en passant par la Turquie, la France, la Norvège, le Mexique et Cuba ou vit le narrateur.

Ce qui rapproche ces personnages c’est leur destin tragique, tous les trois broyés par le mensonge idéologique . On apprend beaucoup mais il s’agit bien d’un roman , Si Trotski et Mercader ont  bien existé de nombreux personnage de ce livre sont sûrement imaginaires.

L’écriture est prenante et on avale les 740 pages sans problème

PETIT PAYS de  Gaël FAYE

Gaël Faye est né en 1982 à Bujumbura au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français. En 1995, après le déclenchement de la guerre civile et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il arrive en France et passe son adolescence dans les Yvelines, découvre le rap et le hip-hop. Il étudie dans une école de commerce, obtient un master de finance et travaille à Londres durant deux ans pour un fonds d’investissement. Il quitte la cité de Londres pour se lancer dans l’écriture et la musique.

L’histoire se passe au Burundi petit pays d’Afrique centrale, voisin du Rwanda, au moment de la guerre ethnique que se livrent hutus et tutsis. Gabriel enfant de 10 ans, fils d’un français installé au Burundi et d’une rwandaise tutsie, vit une enfance heureuse dans un monde qui lui paraît immuable. Des événements incroyables et  incompréhensibles pour lui commencent d’ébranler ses certitudes. Mais Gaby s’accroche avec acharnement à sa vie d’enfant, à son petit monde de bonheur menacé par un extérieur de plus en plus hostile. Il sent le danger mais ne veut pas y croire et pense pouvoir y échapper par toute sorte de petits stratagèmes , jusqu’au jour ou la folie des hommes qui s’est emparée de ses meilleurs amis le rattrape et le contraint à commettre l’irréparable, La guerre achève le tout en lui prenant son père  sa mère et sa famille. Sa belle enfance se termine dans le chaos. Il se retrouve en France où il s’aperçoit que les gens vivent dans une bulle, inconscients de ce qui pourrait leur arriver, exactement comme lui vivait dans la bulle de son enfance. Les dernières pages le ramènent au Burundi ou il est confronté à une dernière et terrible épreuve, Il retrouve sa mère qu’il croyait morte dans un état de déchéance physique et psychologique épouvantable et décide de rester pour s’occuper d’elle.

C’est un roman sur le monde clos de l’enfance immanquablement détruit par la réalité qui prend parfois des formes terribles.

CHANSON DOUCE de Leila SLIMANI  Goncourt 2016

Née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain, est une journaliste et écrivain franco-marocaine.

Le livre s’ouvre sur le drame terminal puis nous ramène au début de l’histoire, Louise que la vie n’a pas épargnée est engagée comme nounou pour s’occuper des 2 enfants d’un  jeune couple plein d’avenir. Elle se révèle très compétente et arrive à se rendre incontournable à tel point que le couple ne peut plus rien envisager sans elle. Cependant Louise a un lourd passé d’abandon et de violence. Elle s’attache de façon irrationnelle aux enfants et à la famille et devient elle-même totalement dépendante. Elle n’a pas de vie à l’extérieur et semble incapable d’en avoir une . Son univers se limite à  cette famille dont elle craint d’être un jour exclue. Son comportement change, Paul et Myriam s’en inquiètent un peu mais ne savent quelle attitude prendre, Louise tente un stratagème naïf pour que Myriam tombe à nouveau enceinte et lui propose ainsi de rester. Devant l’échec de sa pauvre ruse, elle disjoncte complètement car sa raison de vivre va lui échapper une nouvelle fois et c’est le drame,

On sait que l’histoire se finit très mal et pourtant le suspense grandit tout au long du livre qu’ on ne peut plus lâcher

Le style est sobre et efficace.

CHECK-POINT de Jean-Christophe RUFIN

Né le 28 juin 1952 à Bourges (Cher). Médecin, et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris.  Engagé dans le mouvement humanitaire depuis 1977. Vice-président de Médecins (1991-92) sans frontières. Président d’Action contre la faim (2003-2006). Membre du comité français de l’association Human Rights Watch. Conseiller auprès du secrétaire d’État aux Droits de l’homme (1986-88). Attaché culturel et de coopération au Brésil (1988-89). Conseiller auprès du ministre de la Défense  (1993-1994). Ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie (2007-2010). Diverses fonctions d’enseignement. I.E.P. de Paris. Directeur de recherches à l’Iris (1990-1993). Conférencier international. Traduction de ses livres dans plus de vingt pays. Docteur honoris causa de l’université Laval (Québec), de l’université de Louvain-la-Neuve (Belgique). Membre étranger de l’Académie royale de médecine de Belgique. Élu à l’Académie française, le 19 juin 2008.

C’est l’épopée d’une mission humanitaire sur les routes de Bosnie. Chaque membre du groupe s’est engagé dans l’aventure pour des raisons différentes, plutôt personnelles que vraiment humanitaires.   Les tensions deviennent rapidement très fortes. Comme dans toutes les situations exceptionnelles chacun fini par se dévoiler  et le groupe éclate.

Aventure et psychologie résument cet excellent roman qui nous interroge aussi sur la nature des missions humanitaires, ce qu’elles sont, leur utilité, ce qu’elles pourraient être,

Du même auteur, je vous recommande « Le grand Cœur, Rouge Brésil … »

ADIEU MERE de Didier ROUX

Didier Roux est né en 1954 à Pointe Noire au Congo de parents français. Cadre à France Télécom il est en 2004 consultant dans un gros cabinet international. Il se lance dans l’écriture en 1995.

Roman sur la courte vie d’un poilu Maximin ROUX, assassiné en 1916 pour l’exemple par ses chefs pour une broutille, C’est un livre captivant de bout  en bout, très poignant, qu’on a du mal à lâcher mais qui en même temps dérange, En tout cas il vous inspire une horreur absolue de la guerre,

De plus c’est un témoignage très documenté sur la vie à Bondigoux en 1914,  Même si les personnages sont un peu idéalisés les dialogues reflètent bien les préoccupations de l’époque et les rapports qui existaient entre  les gens, D’origine Bondigounaise, j’ai connu dans mon enfance quelques un des rescapés de ce grand massacre  mentionnés dans ce livre (Lucien Charbonnière, Louis Bonhomme, Ernest Rouzet, Albert Roux, qui nous racontaient parfois les soirs d’été leurs terribles aventures, mais j’avoue qu’alors j’avais du mal à réaliser,

Détail qui m’a touché, l’auteur fait mention de ma grand-mère Marie Rives alors institutrice à l’école de Bondigoux où ma mère est née pendant que mon grand-père était lui-même sur le front,

Bref c’est un grand roman pacifiste, très documenté, qui m’a personnellement ému,

Il m’a donné envie de relire un roman allemand de référence en la matière : « A L’ouest  rien de nouveau » d’Heinrich Maria REMARQUE

Proverbes de Mars

S’il pleut pour la St Aubin, (1 mars)

L’eau sera plus chère que le vin.

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Des fleurs qu’en Mars tu verras,

Rarement tu mangeras.

~

Quand mars se déguise en été,

Avril prend ses habits fourrés.

~

Mars sec et froid,

N’a jamais produit famine.

~

Pâques en Mars,

Tombes de toutes parts.

~

Taille tôt, taille tard,

Rien ne vaut taille de Mars.

~

Bise de Mars

Et vent d’Avril,

Font la richesse du pays.

~

Mars gris, Avril pluvieux

Font l’an fertile et plantureux.

S’il gèle à la St Stanislas,( le 11 avril)

On aura deux jours de glace.

Demain, c’est aujourd’hui !

Oui, je sais, « le changement c’est maintenant », on connaît la formule. On l’a entendu, espéré, attendu, réclamé, revendiqué et nos chers donneurs de leçons politique ont beau courir après, on ne voit toujours rien venir. Quant aux médias omniprésents qui nous tourneboulent, nous omnibulent et nous manipulent, ils nous désespèrent tant qu’on en perd la boule. A force d’écœurement, on finirait presque par se dire qu’il n’y a plus qu’à pratiquer la politique de l’autruche pour échapper à ce monde d’injustice, de violence, de pollution, de productivité et de compétitivité tous azimuts. Bref, foutu pour foutu, se coincer la bulle pour oublier que la planète court à sa perte et que, décidément, on n’y peut rien, « nous les petits, nous les sans-grades, nous les sans-dents… ».

 

Sauf que non, décidément non, les derniers des Mohicans, les irréductibles petits villages gaulois, ils se comptent par dizaines, par centaines, que dis-je, par milliers de par le monde ! Si si, je vous jure ! Et n’allez pas me taxer de joyeuse hurluberlu, de rêveuse farfelue, de Pierrette lunaire, d’utopiste bobo … Vous n’avez pas encore vu le documentaire « Demain » ? Courez-y, courez-y vite, comme le bonheur dans le pré, il va filer ! Sorti sur grand écran en décembre, il est encore projeté ce mois-ci à L’Utopia Tournefeuille et a fait ½ million d’entrées au niveau national.

 

Demain

Un film formidable, remarquable qui va vous chatouiller les neurones, vous doper les vitamines, vous donner du pep’s pour toute l’année ! Des idées, des projets, des pistes ce film coréalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion (co-fondateur avec Pierre Rhabi du mouvement Colibri) en fourmille, en foisonne ! Et du concret s’il-vous plaît, du réel, du palpable, du « consommable » au sens premier et noble du terme. Des expériences, des initiatives essentiellement citoyennes à l’échelle de la planète qu’ont sillonnée nos deux acolytes et quelques-uns de leurs amis pour nous les faire partager et nous redonner foi en l’humanité en ces temps de grande morosité. Que ce soit en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, de démocratie ou d’éducation, oui, tout peut changer, si nous citoyens agissons à notre petite échelle, nous regroupons, cessons de croire en la fatalité.

 

« Oui, un autre monde est possible », « Yes, we can » ne sont pas de vains slogans électoralistes ou populistes. Partout dans le monde, de simples citoyens mais aussi des politiques responsables, exigeants et intransigeants se mobilisent et œuvrent pour rendre à notre terre nourricière sa fertilité, pour exploiter les meilleures des énergies c’est-à-dire celles qui sont renouvelables, pour faire vivre des économies locales en parallèle de nos économies mondiales, pour faire entendre la voix des populations, pour redonner à l’éducation ses titres de noblesse et élever nos enfants dans le respect de valeurs à mille lieues de celles de nos sociétés de libéralisme et de performance exacerbés.

 

Alors, oui, précipitez-vous dans ces salles obscures d’où jaillit parfois, souvent même, la lumière : celle de l’espoir, de l’optimisme retrouvé, de la réconciliation.

 

Oui, « Demain » c’est maintenant !

Sylvie.L

 

Une politique culturelle est-elle possible en milieu rural ?

 La culture c’est quoi ? ça sert à quoi ?

La culture est-ce un droit ? une nécessité, un devoir ? un loisir ? un luxe ?

 

La culture participe à la construction de la société en créant, valorisant, consolidant des valeurs communes, en développant l’ouverture d’esprit et en élevant l’âme, sans quoi il ne peut y avoir tolérance et innovation.

La culture c’est un héritage, un patrimoine à détecter, à sauvegarder, à actualiser, à diffuser.

La culture c’est aussi le potentiel de création, d’imagination, d’expérimentation d’une société.

Créateur ou public, la culture est d’abord une pratique active, intentionnelle et s’oppose à  une pratique de consommateur. C’est une expérience à vivre individuellement ou collectivement.

C’est toujours une prise de risque : pour le créateur, pour le programmateur, pour le financeur, pour le public. (il est acquis qu’en allant au cinéma on prend le risque d’être déçu par le film. Cela l’est moins dans le domaine du spectacle)

La culture : une affaire publique et individuelle.

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Une politique culturelle pourquoi ?comment ?

Quelle est le rôle culturel de l’état ?

Détecter, sauvegarder, actualiser, diffuser, transmettre, sensibiliser, éduquer, soutenir la création…

Gérer le passé et le futur, respecter le patrimoine et s’ouvrir à la nouveauté, favoriser la médiation entre les œuvres et les publics.

Quels sont ses moyens ?

Subventions, résidences d’artistes, musées, DRAC, FRAC  attachés culturels…

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Quel est le rôle et quels sont les moyens d’une petite commune rurale ?

Distinguer avant tout ce qui relève de l’animation socioculturelle (et vise avant tout à renforcer le lien social : la culture par tous), de ce qui relève de la politique culturelle (médiation, diffusion, programmation, soutien à la création : la culture pour tous).

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Programmer quoi ? Dans quelles conditions ? Quand et pour qui ?

La politique culturelle englobe culture artistique (arts plastiques, musique, cinéma, arts du spectacle : théâtre, danse, cirque …), culture scientifique et culture historique.

Toute politique culturelle (fonds publics) est soumise à une exigence de qualité professionnelle et à une hiérarchie de valeurs. Le chef d’œuvre est par nature ce qui a une valeur supérieure, en général esthétique. Mais l’œuvre peut aussi avoir un intérêt historique, novateur… Et c’est là que la difficulté commence… La commune peut-elle s’appuyer sur un professionnel ou une personne compétente pour juger de la qualité des intervenants professionnels qui seront programmés ? Et de l’intérêt de l’œuvre ?

Quelle œuvre pour quel public ? Il est impératif de connaître les pratiques (ou l’absence de pratiques) culturelles du public concerné par la programmation et donc connaître ses repères.  Et aussi le champ dans lequel l’œuvre s’inscrit (Il est donc nécessaire d’avoir une connaissance solide des nuances entre  culture officielle, savante, alternative, transversale,  culture urbaine et  culture rurale,  patrimoine, les traditions, la création et la recherche, culture classique et novatrice…)

Un public peut être acquis d’avance ou à conquérir puis à fidéliser, à rassurer, à surprendre…

En milieu urbain, le potentiel numérique de spectateurs est toujours suffisamment grand pour assurer un minimum de participants à n’importe quel genre de manifestation donc assurer une réussite (soit en terme de satisfaction soit en terme de fréquentation). En milieu rural, le public est très spécifique. S’il n’a pas déjà une pratique régulière, c’est une politique de découverte, sensibilisation, fidélisation qu’il faut élaborer avec un professionnel. Compter environ 5 ans pour construire un public régulier, de plus en plus demandeur et exigeant.

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Une règle : on ne programme pas une œuvre ou un sujet qu’on ne maitrise pas et dont on n’est pas convaincu de la qualité, de la nécessité et de la cohérence avec le reste de la programmation.

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La programmation est accompagnée d’un plan de communication et de médiation.