Archives de catégorie : Quel futur pour nos enfants ?

Traitent des sujets généraux liés au développement durable, au développement de l’espace bâti, à la solidarité, à la santé et l’hygiène de vie, à l’Information diffusée et à son interprétation, à la culture, à l’éducation et à la vie sociale

L’école et les parents…

Entretien relevé dans le Monde, le 2 septembre 2011.

Dans quelle mesure l’évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l’entreprise éducative ?

Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic :
on demande à l’école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s’étonne qu’elle n’y parvienne pas… Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd’hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l’école, le sens des savoirs, le statut de l’autorité, la place de l’école dans la société.

A priori, famille et école ont la même visée d’élever les enfants : la famille éduque, l’école instruit, disait-on jadis. En pratique, les choses sont devenues bien plus compliquées.

Aujourd’hui, la famille tend à se défausser sur l’école, censée à la fois éduquer et instruire. Jadis pilier de la collectivité, la famille s’est privatisée, elle repose désormais sur le rapport personnel et affectif entre des êtres à leur bénéfice intime exclusif. La tâche éducative est difficile à intégrer à ce cadre visant à l’épanouissement affectif des personnes.

 

Philippe Meirieu : Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l’immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille « faisait des enfants », aujourd’hui, c’est l’enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l’enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de « mauvais parents »…

Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de  consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n’avons qu’à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.

Cette conjonction entre un phénomène démographique et l’émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d’achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.

 

Dans quelle mesure le face-à-face pédagogique est-il bouleversé par cette nouvelle donne ?

P. M. : Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n’ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l’extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s’apparente à une cocotte-minute.

Dans l’ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une « pédagogie de garçon de café », courant de l’un à l’autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.

Il est vampirisé par une demande permanente d’interlocution individuée. Il s’épuise à faire baisser la tension pour obtenir l’attention. Dans le monde du zapping et de la communication « en temps réel », avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de « faire l’école ». Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l’impossibilité
de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l’expression même de l’intelligence, « l’inversion de la dispersion ».

 

Dès lors que certains parents n’élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée en Europe et comment faire en sorte qu’elle retrouve sa centralité ?

M. G. : Le savoir et la culture étaient posés comme les instruments permettant d’accéder à la pleine humanité, dans un continuum allant de la simple civilité à la compréhension du monde dans lequel nous vivons. C’est ce qui nourrissait l’idéal du citoyen démocratique. Ils ont perdu ce statut. Ils sont réduits à un rôle utilitaire (ou distractif).

L’idée d’humanité s’est dissociée de l’idée de culture. Nous n’avons pas besoin d’elle pour exister. Nous sommes submergés par une vague de privatisation qui nous enjoint de vivre pour nous-mêmes et, surtout, de ne pas perdre notre temps à chercher à comprendre ce qui nous environne.

Derrière le slogan apparemment libertaire « faites ce que vous voulez ! », il y a un postulat nihiliste : il ne sert à rien de savoir, aucune maîtrise du monde n’est possible. Contentez-vous de ce qui est nécessaire pour faire tourner la boutique, et pour le reste, occupez-vous de vous !

L’école est prise dans ce grand mouvement de déculturation et de désintellectualisation de nos sociétés qui ne lui rend pas la tâche facile. Les élèves ne font que le répercuter avec leur objection lancinante : à quoi ça sert ? Car c’est le grand paradoxe de nos sociétés qui se veulent des « sociétés de la connaissance » : elles ont perdu de vue la fonction véritable de la connaissance.

C’est pourquoi nous avons l’impression d’une société sans pilote. Il n’y a plus de tête pour essayer de comprendre ce qui se passe : on réagit, on gère, on s’adapte. Ce dont nous avons besoin, c’est de retrouver le sens des savoirs et de la culture.

 

Est-ce à dire que l’autorité du savoir et de la culture ne va plus de soi, classe difficile ou pas ? Et comment peut-on la réinventer ?

M. G. : L’autoritarisme est mort, le problème de l’autorité commence ! Le modèle de l’autorité a longtemps été véhiculé par la religion (puisque les mystères de la foi vous échappent, remettez-vous en au clergé) et par l’armée (chercher à comprendre, c’est déjà désobéir). Ces formes d’imposition sans discussion se sont écroulées, et c’est tant mieux ! Mais il faut bien constater qu’une fois qu’on les a mises à bas, la question de l’autorité se repose à nouveaux frais. Pourquoi cette question est-elle si importante à l’école ?

Tout simplement parce que l’école n’a pas d’autre moyen d’action que l’autorité : l’emploi de la force y est exclu et aucune contrainte institutionnelle n’obligera jamais quelqu’un à apprendre. La capacité de convaincre de l’enseignant dans sa classe repose sur la confiance qui lui est faite en fonction du mandat qui lui est conféré par la société et garanti par l’institution. Nous sommes là pour l’appuyer dans ce qui
est une mission collective.

Or ce pacte est aujourd’hui remis en question. Les enseignants en sont réduits à leur seul charisme. Ils travaillent sans filet et sans mandat institutionnel clair. La société n’est plus derrière eux, à commencer par leur administration. C’est ce qui aboutit à la crise de l’autorité à l’école : les enseignants sont là au nom d’une collectivité qui ne reconnaît pas le rôle qu’ils exercent.

 

P. M. : L’autorité est en crise parce qu’elle est individuée et qu’elle n’est plus soutenue par une promesse sociale partagée. Le professeur tenait son autorité de son institution. Aujourd’hui, il ne la tient plus que de lui. L’école garantissait que l’autorité du professeur était promesse de réussite – différée, mais réelle – pour celui qui s’y soumettait.

Aujourd’hui, la promesse scolaire est éventée et le « travaille et tu réussiras » ne fait plus recette. L’école, qui était une institution, est devenue un service : les échanges y sont régis par les calculs d’intérêts à court terme. Le pacte de confiance entre l’institution scolaire et les parents est rompu. Ces derniers considèrent souvent l’école comme un marché dans lequel ils cherchent le meilleur rapport qualité/prix.

Le défi qui s’ensuit est double. Nous devons d’abord réinstitutionnaliser l’école jusque dans son architecture. Si les lycées napoléoniens ont si bien fonctionné, c’est qu’à mi-chemin entre la caserne et le couvent, ils alliaient l’ordre et la méditation.
Réinstitutionnaliser l’école, c’est y aménager des situations susceptibles de susciter les postures mentales du travail intellectuel.

Il est essentiel d’y scander l’espace et le temps, d’y structurer des collectifs, d’y instituer des rituels capables de supporter l’attention et d’engager l’intention d’apprendre

Nous devons ensuite, contre le savoir immédiat et utilitaire, contre toutes les dérives de la « pédagogie bancaire », reconquérir le plaisir de l’accès à l’oeuvre. La mission de l’école ne doit pas se réduire à l’acquisition d’une somme de compétences, aussi nécessaires soient-elles, mais elle relève de l’accès à la pensée. Et c’est par la médiation de l’oeuvre artistique, scientifique ou technologique que la pensée se structure et découvre une jouissance qui n’est pas de domination, mais de partage.

 

La réinvention de l’école passe donc aussi par un réexamen critique de nos outils pédagogiques ?

P. M. : L’accès à l’œuvre, parce qu’elle exige de différer l’instrumentalisation de la connaissance et d’entrer dans une aventure intellectuelle, se heurte à notre frénésie de savoir immédiat. Car les enfants de la modernité veulent savoir. Ils veulent même tout savoir.

Mais ils ne veulent pas vraiment apprendre. Ils sont nés dans un monde où le progrès technique est censé nous permettre de savoir sans apprendre : aujourd’hui, pour faire une photographie nette, nul n’a besoin de calculer le rapport entre la profondeur de champ et le diaphragme, puisque l’appareil le fait tout seul…

Ainsi, le système scolaire s’adresse-t-il à des élèves qui désirent savoir, mais ne veulent plus vraiment apprendre. Des élèves qui ne se doutent pas le moins du monde qu’apprendre peut être occasion de jouissance.

Des élèves rivés sur l’efficacité immédiate de savoirs instrumentaux acquis au moindre coût, et qui n’ont jamais rencontré les satisfactions fabuleuses d’une recherche exigeante. C’est pourquoi l’obsession de compétences nous fait faire fausse route. Elle relève du « productivisme scolaire », réduit la transmission à une transaction et oublie que tout apprentissage est une histoire…

En réalité, la culture française a toujours été rétive aux théories de l’apprentissage, pour leur préférer les théories de la connaissance : « l’exposé des savoirs en vérité » apparaît ainsi comme la seule méthode d’enseignement, qu’elle prenne la forme de l’encyclopédisme classique ou des référentiels de compétences béhavioristes.

Dans cette perspective, le savoir programmatique est à lui-même sa propre pédagogie, et toute médiation, tout travail sur le désir, relèvent d’un pédagogisme méprisable. Je regrette profondément l’ignorance de l’histoire de la pédagogie dans la culture française : elle nous aiderait à débusquer nos contradictions et nos insuffisances, et à réinventer l’école.

 

M. G. : Que savons-nous de ce que veut dire « apprendre » ? Presque rien, en réalité : nous passons sans transition du rat de laboratoire et de la psychologie cognitive aux compétences qui intéressent les entreprises. Mais l’essentiel se trouve entre les deux, c’est-à-dire l’acte d’apprendre, distinct de connaître, auquel nous ne cessons, à tort, de le ramener. Apprendre, à la base, pour l’enfant, c’est d’abord entrer dans l’univers des signes graphiques par la lecture et l’écriture, et accéder par ce moyen aux ressources du langage que fait apparaître son objectivation écrite.

Une opération infiniment difficile avec laquelle nous n’en avons jamais fini, en fait. Car lire, ce n’est pas seulement déchiffrer, c’est aussi comprendre. Cela met en jeu une série d’opérations complexes d’analyse, de contextualisation, de reconstitution sur lesquelles nous ne savons presque rien. Comment parvient-on à s’approprier le sens d’un texte ?

On constate empiriquement que certains y parviennent sans effort, alors que d’autres restent en panne, de manière inexplicable. Sur tous ces sujets, nous sommes démunis : nous nous raccrochons à un mélange de routines plus ou moins obsolètes et d’inventions pédagogiques plus ou moins aveugles.

 

P. M. : De même qu’aucun métier ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour l’exercer, aucun savoir ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour le maîtriser. Les compétences graphiques, scripturales, orthographiques, grammaticales suffisent-elles pour entrer dans une culture lettrée ? Je n’en crois rien, car entrer dans l’écrit, c’est être capable de transformer les contraintes de la langue en ressources pour la pensée.

Ce jeu entre contraintes et ressources relève d’un travail pédagogique irréductible à l’accumulation de savoir-faire et à la pratique d’exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd’hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que « savoir faire preuve de créativité » et « savoir attacher une pièce jointe à un courriel ».

Que peut bien signifier alors « l’élève a 60 % des compétences requises » ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.

 

A l’heure où nous passons des connaissances aux compétences, quels sont les leviers politiques qui permettraient de réinventer l’école ?

M. G. : L’école est à réinventer, mais elle ne pourra pas le faire seule dans son coin. Ce n’est pas un domaine de spécialité comme un autre qu’il suffirait de confier aux experts pour qu’ils trouvent les solutions. Le problème éducatif ne pourra être résolu dans ces conditions. C’est une affaire qui concerne au plus haut point la vie publique, qui engage l’avenir de nos sociétés et ne peut être traitée que comme une responsabilité collective qui nous concerne tous, et pas seulement les parents d’élèves.

L’une des évolutions actuelles les plus inquiétantes réside dans l’installation au poste de commandement d’une vision purement économique du problème, élaborée et développée à l’échelle internationale.

Ce que résume l’écho donné aux résultats des enquêtes du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), pilotées par l’OCDE. Le ministère de l’éducation nationale ne fait plus que répercuter des conceptions très discutables du type de performances auxquelles doivent tendre les systèmes éducatifs.

Très discutables, je le précise, y compris du point de vue de l’emploi et de l’efficacité économique. Qui peut prendre au sérieux le livret de compétences introduit au collège dans le but de mieux évaluer les acquis des élèves ?

Dans le travail comme dans le reste de l’existence, c’est avec de la pensée que l’on peut progresser, à tous les niveaux. La fonction de l’école, c’est tout simplement d’apprendre à penser, d’introduire à ce bonheur qu’est la maîtrise par l’esprit des choses que l’on fait, quelles qu’elles soient. C’est, de très loin, la démarche la plus efficace. L’illusion du moment est de croire qu’on obtiendra de meilleurs résultats pratiques en abandonnant cette dimension humaniste.

 

P. M. : Je suis entièrement d’accord avec Marcel Gauchet sur l’importance d’une mobilisation politique sur la question de l’éducation, qui dépasse d’ailleurs celle de l’école. Les programmes éducatifs des deux principaux partis politiques français ne proposent rien de plus que de nouvelles réformes scolaires : il n’y est nullement question de la famille, du rôle des médias, de la présence des adultes dans la ville, des relations transgénérationnelles…

 

P. M. : A l’heure actuelle, l’essentiel est d’inventer une école qui soit délibérément un espace de décélération, un lieu d’apprentissage de la pensée et d’expérience d’un travail collectif solidaire. Or, sur ces questions, le patrimoine pédagogique m’apparaît d’une extrême richesse. Le clivage politique, quant à lui, se situe entre ceux qui chargent l’école de transmettre une somme de savoirs techniques garantissant à terme l’employabilité du sujet, et ceux pour qui l’école a une vocation culturelle qui dépasse la somme des compétences techniques qu’elle permet d’acquérir.

C’est là une question de société qui appelle un véritable débat démocratique.

L’agriculture nous tue !

L’agriculture intensive est plus que jamais en débat : productivisme ou qualité ? Il semble impossible de conjuguer les deux. Quand le développement du cancer devient un vrai fléau social de par son développement exponentiel, il est peut-être temps de se pencher sur notre source d’approvisionnement alimentaire : l’agriculture française et européenne. Son rôle son coût, sa responsabilité en matière de sécurité sanitaire.

En apparence, l’agriculture française fournit une nourriture pas chère. Mais, si vous y ajoutez le coût prohibitif des subventions de la politique agricole commune (PAC), qui s’élèvent à 57 Mds € en 2010, le prix de la dépollution des eaux et l’explosion des cancers liée à la malbouffe, la facture de l’agriculture intensive devient très salée… Pour l’eau par exemple, les agriculteurs sont responsables de 70 à 80% des nitrates ou des phosphates présents dans les rivières. Et, pourtant, ils ne paient que 1% des frais de dépollution. Les 99% restants sont payés par les Français.

Si nous nous penchons sur les subventions massives accordées aux agriculteurs, il y a là des instruments qui devraient être au service des citoyens/consommateurs. Il se passe tout le contraire… Prenons l’exemple du maïs. C’est une culture inadaptée à la France parce qu’elle réclame beaucoup d’eau et de soleil. Pourquoi fait-on tant de maïs dans le Sud où l’eau manque? Par le miracle de la prime à l’irrigation qui a représenté 134 M€ en 2005. Mais ce système est à courte vue. La France ne sera jamais assez grande, et les coûts n’y seront jamais assez bas pour se battre à armes égales avec le Brésil, la Russie ou l’Ukraine. C’est une guerre perdue d’avance. Un système absurde qui ne profite qu’aux coopératives géantes et aux très gros agriculteurs.

Les méthodes d’élevages sont aussi à remettre à plat, surtout si l’on observe comment sont nourris les animaux d’élevage. Y a-t-il réellement un risque sanitaire pour les consommateurs ? Oui car les résidus de pesticides qui se retrouvent dans nos assiettes augmentent les risques de cancer. Ensuite, les porcs ou les poulets sont gavés d’antibiotiques. Or, les molécules sont les mêmes pour les humains et pour les bêtes. A force de traitements, on a créé des bactéries super résistantes. Cette résistance aux antibiotiques, c’est chaque année en Europe 25 000 morts. Quand on voit la composition des aliments pour bétail, de nouveaux scandales sanitaires tels que celui la vache folle nous pendent au nez.

Un véritable débat de société et une volonté politique forte de changer le modèle agroalimentaire sont les seuls moteurs du changement. Le Grenelle de l’environnement prévoyait 20% des surfaces cultivées en agriculture bio, nous n’en sommes qu’à 2,8%. Il faut subventionner massivement les exploitations bios et taxer à 40% les produits phytosanitaires au lieu de continuer à injecter toujours plus d’argent dans un système qui nuit à la santé des agriculteurs et à la nôtre. Le mouvement qui porte la vague de la culture biologique est un mouvement de fond. Il doit être relayé par les « politiques » qui seuls peuvent imposer un changement bénéfique à terme aussi bien pour nos agriculteurs que pour nous les consommateurs. Les politiques ne s’engageront que si nous en faisons un enjeu de société. Nous nous devons, chacun, individuellement, d’interroger nos députés et autres élus sur ce sujet. Les lobbies agricoles ainsi que ceux de l’industrie des pesticides et des engrais sont extrêmement actifs. Le combat semble perdu d’avance et pourtant nous ne devons pas attendre que les pouvoirs publics s’intéressent au sujet, il faut les y contraindre !…

Développement durable et RSE

En matière de gouvernance du développement durable, on en vient assez vite à réfléchir à la « RSE » (responsabilité sociale ou sociétale des entreprises)

La responsabilité sociale des entreprises définit la participation des entreprises locales ou multinationales dans la réalisation des objectifs social, économique et environnemental du développement durable. C’est un concept volontaire qui rappelle le rôle unique des entreprises dans la création d’un équilibre durable dans ses relations avec son environnement, ses partenaires économiques, ses salariés, ses clients, ses fournisseurs, etc. En somme, il s’agit pour les entreprises d’adopter un comportement éco-citoyen afin que toutes les actions qu’elles mènent tiennent compte des enjeux du développement durable sur le plan local et global.

Cette démarche nous emmène très vite  une approche économique et sociétale du développement durable.

La responsabilité sociale des entreprises se situe à différents niveaux :

  • le bien-être des employés
  • l’approvisionnement
  • la qualité du produit ou du service
  • l’empreinte sur l’environnement

Pour que cette responsabilité s’exerce efficacement, les entreprises doivent faire preuve d’innovation. Celle-ci doit être structurée…

Innovation = inventivité + valeur ajoutée + conduite du changement

L’innovation doit être vecteur de plaisir, ce n’est pas que de la technologie… l’innovation en matière de comportements, de services est détermitante…
Le territoire dans lequel se trouve l’innovation a également une forte influence sur celle-ci…

Je rappelle que c’est de la contrainte que née l’innovation. Et malgré ça, en matière d’innovation on doit tout d’abord définir le cadre, puis oser en sortir et penser à y revenir…

Un exemple : gestion des déchets des particuliers 

Il ya des règles, il faut les connaitre et ensuite il faut les mettre de côté et se dire par exemple : pourquoi ne pas recycler et en dégrader une grosse partie en local, dans la commune ?
A partir de là on peut mettre en œuvre notre inventivité pour sortir des sentiers battus… Puis on revient en final comparer la réponse avec le référentiel

La valeur ajoutée doit être estimée et contrôlée en permanence lors de la démarche d’innovation

La conduite du changement est affaire de spécialiste, elle n’est pas « bricolée » par un quelconque DirCom sur un coin de bureau. Elle est complexe et plus affaire de sociologue que de communiquant.

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Pour conclure, la RSE est l’affaire des entreprises mais aussi celle des collectivités locales. Ne pas en tenir compte dans une démarche de développement durable me semble un non sens…

Utilisation de l’eau de pluie ou de puits

L’homme a toujours « récolté » l’eau de pluie.

Depuis les romains qui n’en perdaient pas une goutte au fil de leurs aqueducs, dans toutes les cultures l’eau a été précieuse. Aurait-on oublié ?

Il est certes économique de récupérer et de réutiliser l’eau de pluie. Mais c’est surtout un geste écologique qui permet de :

  •  Ménager les nappes phréatiques en diminution et polluées
  •  Réduire les eaux de pluie pour la prévention des crues
  •  Diminuer les eaux de ruissellement en cas de fortes pluies dans nos paysages de campagne et ville uniformisés (augmentation des surfaces imperméabilisées soustrayant à l’infiltration des surfaces de plus en plus importantes, disparition de zones humides, de mares, des haies, conversion agricole,…) en faisant « rétention » dans des citernes
  •  D’une manière générale, préserver et respecter cette ressource gratuite plutôt que de la rejeter vers le réseau pluvial.

Comme l’indique l’article 641 du Code Civil, « un propriétaire a le droit de capter et d’utiliser l’eau pluviale qui tombe sur sa propriété ».
Plus qu’un droit, ne serait-ce pas un devoir ?

Le prix du m3 d’eau a augmenté globalement de 40% – de 1995 à 2005 – selon l’Indice Insee.

Toujours est-il que l’eau de ville potable est de plus en plus chère et les disparités régionales sont majeures (jusqu’à 40% d’écart de coût), la région d’Ile de France battant les records.

Et puis, est-ce bien utile d’utiliser de l’eau potable et d’en payer le prix ! Pour les lavages, l’arrosage mais aussi les toilettes et les lessives ? 54% de l’eau consommée est destinée à des usages qui ne nécessiteraient pas d’eau potable ! Où est passé le bon sens alors que le coût d’assainissement représente plus de 30% du coût global de l’eau sortant de notre robinet….là aussi récolter l’eau de pluie est une solution d’intérêt collectif !

Alors que les économies d’eau arrivent en troisième position du Top 10 des éco-gestes (en liste depuis le printemps 2007), sa collecte se situe seulement en 6ième ou 8ième position. Comme nous le verrons, les principales raisons sont d’ordre réglementaire (manque d’encadrement via une réglementation spécifique) et d’ordre sanitaire, les autorités sanitaires françaises se montrant pour l’instant peu favorables à la réutilisation des eaux pluviales dans l’habitat.

La récupération d’eau pluviale concerne ainsi non seulement les utilisateurs privés (arrosage, WC, piscine, …) et les utilisateurs publics (hôtels, services techniques, alimentation sanitaires, …), mais également les collectivités (économie sur les surdimensionnement des réseaux d’eau pluviale, diminution du besoin d’installations de production d’eau potable, eau pluviale utilisée pour le nettoyage des voiries, des véhicules de fonction, l’arrosage des espaces verts et des terrains de sport, le remplissage des bassins d’agrément et réserves à incendie,..), les agriculteurs et viticulteurs (réserve d’eau disponible en cas de restrictions lors des périodes de sécheresse), les entreprises et les industriels (utilisation en eau de process, de refroidissement, stations de lavage,…).

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Estimation en % de notre consommation d’eau :

L’eau pluviale est naturellement adaptée à l’arrosage (8% de nos dépenses en eau) et au nettoyage (4%).

L’eau utilisée à l’intérieur de la maison se répartit ainsi : 31 % pour les WC, 9 % pour le lave-linge, 4 % pour le lave-vaisselle, 4 % pour l’entretien ménager et 3 % pour les utilisations diverses. Les bains et douches représentent 37 % de notre consommation d’eau.

L’eau de pluie pourrait être utilisée pour ces postes, et permettre ainsi l’économie directe d’eau potable, mais également des économies indirectes. Par exemple, la durée de vie des appareils serait prolongée par l’utilisation d’une eau douce sans présence de calcaire. Ceci s’accompagne d’une économie supplémentaire sur les produits anti-tartres et la lessive.

Néanmoins, en France la réglementation exige le respect de différentes normes de qualité en fonction des usages de l’eau (eau potable, eau de baignade). Or, la qualité des eaux pluviales non traitée ne respecte pas les normes de l’eau potable qui sont très strictes (norme eau potable demandée même pour l’usage des chasses d’eau pour les WC !).

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Utilisation d’un puits ou forage prive

Aspect règlementaire

Une déclaration en mairie est obligatoire

Tout puits ou forage réalisé à des fins domestiques, soit tout prélèvement inférieur à 1000 m3/an doit faire l’objet d’une déclaration en mairie.
Toute personne qui est tenue de se raccorder au réseau d’assainissement et qui s’alimente en eau à une source qui ne relève pas d’un service public doit en faire la déclaration en mairie.

Décret du 2 juillet 2008
Déclaration obligatoire :
– depuis le 1er janvier 2009, pour tous les nouveaux ouvrages
– avant le 31 décembre 2009, pour les ouvrages existants avant le 31 décembre 2008.

Consultation sur internet :
http://www.foragesdomestiques.developpement-durable.gouv.fr
Cette déclaration se fait en fonction du débit dans le milieu naturel
Code de l’environnement : déclaration ou autorisation auprès de la D.D.E.A.

Et en fonction de la profondeur de l’ouvrage
Code minier : la réalisation de tout forage de plus de 10 mètres doit faire l’objet d’une déclaration auprès du service régional chargé des mines.

Aspect sanitaire 

Code santé publique :
– déclaration à la Préfecture (DDASS) si captage privé réservé à usage personnel d’une famille.
– autorisation par arrêté préfectoral si captage privé à usage collectif ou locatif.

Définition d’une eau potable

L’eau potable est une eau qui ne doit pas porter atteinte à la santé humaine. Elle doit être exempte de bactéries (virus, parasites, agents pathogènes) et non toxique (présence d’éléments chimiques indésirables). De plus, elle doit être agréable à boire, claire et sans odeurs.

Une eau destinée à la consommation doit être raisonnablement minéralisée, raisonnablement colorée et limpide, assurée de ne pouvoir nuire à la santé et enfin assurée de ne pas voir ses qualités altérées par le temps ou les conditions de son transport.

Le professeur Le Strat utilisait cette formule :

« Une eau potable est une eau qui plaît à celui qui la boit et ne le rend pas malade ».

Une eau potable est une eau que l’on peut boire sans risque pour la santé.
Afin de définir précisément une eau potable, des normes ont été établies qui fixent notamment les teneurs limites à ne pas dépasser pour un certain nombre de substances nocives et susceptibles d’être présentes dans l’eau.

Le fait qu’une eau soit conforme aux normes, c’est-à-dire potable, ne signifie donc pas qu’elle soit exempte de matières polluantes, mais que leur concentration a été jugée suffisamment faible pour ne pas mettre en danger la santé du consommateur. On pourrait donc dire qu’il n’existe pas d’eau potable, mais seulement d’eau conforme aux normes

Nos déchets

Dans la communauté des communes, la collecte des déchets est une catastrophe…

Le tri est sommaire, beaucoup de concitoyens ne trient pas leurs déchets, incivisme désastreux pour notre avenir.  Que pouvons-nous faire ?

Le paradoxe c’est que : plus nous améliorons notre tri et plus nous payons ! Car la collecte est plus complexe et plus coûteuse.

Pourquoi les industriels ne font-ils pas d’efforts de  leur côté pour diminuer le nombre d’emballage ? On nous répond qu’ils en font. Oui, peut-être mais on est loin du compte…

Des chiffres :

1kg de déchets et 10 emballages sont jetés quotidiennement par chaque français !!!

Taux de collecte trié :

  • Moyenne nationale : 62%
  • Communauté des Communes : autour des 15%

Pour commencer nous pourrions réduire notre consommation et donc réduire nos déchets, cela peut consister en :

  • Se demander, lors de l’acte d’achat, si le produit envisagé est indispensable à notre bon fonctionnement
  • Se demander si, par hasard, l’on ne pourrait pas emprunter, louer ou partager cet objet/produit plutôt que de l’acheter
  • Réfléchir aux motivations de nos achats : parfois on fait des courses pour se « remonter le moral ». Mais acheter ne résout pas les problèmes à l’origine de la baisse de moral.
  • Acheter des appareils de qualité qui dureront longtemps
  • Remplacer un objet jetable (lingette, appareil photo, vaisselle en carton…) par un autre qui dure plus longtemps
  • Éviter les produits trop emballés. Leur préférer des recharges, des grands formats ou des produits vendus en vrac
  • Éviter les portions individuelles
  • Utiliser un cabas ou un caddie pour les courses et refuser ainsi les sacs plastiques
  • Placer la nourriture dans des boites en plastique au lieu de l’emballer dans du papier aluminium
  • Pour les pique-niques, utiliser des boites en plastique, des gourdes et des couverts lavables.
  • Utiliser des éponges (pour nettoyer) et des serviettes ou des torchons (pour essuyer) à la place de l’essuie-tout
  • Utiliser des mouchoirs en tissu
  • Éviter la vente à emporter dans la restauration : elle génère beaucoup de déchets d’emballage
  • Boire de l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille
  • Il existe des sacs réutilisables pour les aspirateurs
  • Refuser les publicités par une affiche sur sa boite aux lettres. Ou conservez-les en vue de fabriquer du liant papier.

Développement durable ?

En deux mots, c’est quoi le développement durable ?
C’est la gestion rationnelle des ressources humaines, naturelles et économiques qui vise à satisfaire les besoins fondamentaux de l’humanité.

Le développement durable implique plusieurs conditions :

  • La conservation de l’équilibre général,
  • Le respect de l’environnement,
  • La prévention de l’épuisement des ressources naturelles,
  • La diminution de la production des déchets
  • La rationalisation de la production et la consommation d’énergie.