L’école et les parents…

Entretien relevé dans le Monde, le 2 septembre 2011.

Dans quelle mesure l’évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l’entreprise éducative ?

Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic :
on demande à l’école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s’étonne qu’elle n’y parvienne pas… Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd’hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l’école, le sens des savoirs, le statut de l’autorité, la place de l’école dans la société.

A priori, famille et école ont la même visée d’élever les enfants : la famille éduque, l’école instruit, disait-on jadis. En pratique, les choses sont devenues bien plus compliquées.

Aujourd’hui, la famille tend à se défausser sur l’école, censée à la fois éduquer et instruire. Jadis pilier de la collectivité, la famille s’est privatisée, elle repose désormais sur le rapport personnel et affectif entre des êtres à leur bénéfice intime exclusif. La tâche éducative est difficile à intégrer à ce cadre visant à l’épanouissement affectif des personnes.

 

Philippe Meirieu : Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l’immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille « faisait des enfants », aujourd’hui, c’est l’enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l’enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de « mauvais parents »…

Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de  consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n’avons qu’à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.

Cette conjonction entre un phénomène démographique et l’émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d’achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.

 

Dans quelle mesure le face-à-face pédagogique est-il bouleversé par cette nouvelle donne ?

P. M. : Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n’ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l’extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s’apparente à une cocotte-minute.

Dans l’ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une « pédagogie de garçon de café », courant de l’un à l’autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.

Il est vampirisé par une demande permanente d’interlocution individuée. Il s’épuise à faire baisser la tension pour obtenir l’attention. Dans le monde du zapping et de la communication « en temps réel », avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de « faire l’école ». Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l’impossibilité
de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l’expression même de l’intelligence, « l’inversion de la dispersion ».

 

Dès lors que certains parents n’élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée en Europe et comment faire en sorte qu’elle retrouve sa centralité ?

M. G. : Le savoir et la culture étaient posés comme les instruments permettant d’accéder à la pleine humanité, dans un continuum allant de la simple civilité à la compréhension du monde dans lequel nous vivons. C’est ce qui nourrissait l’idéal du citoyen démocratique. Ils ont perdu ce statut. Ils sont réduits à un rôle utilitaire (ou distractif).

L’idée d’humanité s’est dissociée de l’idée de culture. Nous n’avons pas besoin d’elle pour exister. Nous sommes submergés par une vague de privatisation qui nous enjoint de vivre pour nous-mêmes et, surtout, de ne pas perdre notre temps à chercher à comprendre ce qui nous environne.

Derrière le slogan apparemment libertaire « faites ce que vous voulez ! », il y a un postulat nihiliste : il ne sert à rien de savoir, aucune maîtrise du monde n’est possible. Contentez-vous de ce qui est nécessaire pour faire tourner la boutique, et pour le reste, occupez-vous de vous !

L’école est prise dans ce grand mouvement de déculturation et de désintellectualisation de nos sociétés qui ne lui rend pas la tâche facile. Les élèves ne font que le répercuter avec leur objection lancinante : à quoi ça sert ? Car c’est le grand paradoxe de nos sociétés qui se veulent des « sociétés de la connaissance » : elles ont perdu de vue la fonction véritable de la connaissance.

C’est pourquoi nous avons l’impression d’une société sans pilote. Il n’y a plus de tête pour essayer de comprendre ce qui se passe : on réagit, on gère, on s’adapte. Ce dont nous avons besoin, c’est de retrouver le sens des savoirs et de la culture.

 

Est-ce à dire que l’autorité du savoir et de la culture ne va plus de soi, classe difficile ou pas ? Et comment peut-on la réinventer ?

M. G. : L’autoritarisme est mort, le problème de l’autorité commence ! Le modèle de l’autorité a longtemps été véhiculé par la religion (puisque les mystères de la foi vous échappent, remettez-vous en au clergé) et par l’armée (chercher à comprendre, c’est déjà désobéir). Ces formes d’imposition sans discussion se sont écroulées, et c’est tant mieux ! Mais il faut bien constater qu’une fois qu’on les a mises à bas, la question de l’autorité se repose à nouveaux frais. Pourquoi cette question est-elle si importante à l’école ?

Tout simplement parce que l’école n’a pas d’autre moyen d’action que l’autorité : l’emploi de la force y est exclu et aucune contrainte institutionnelle n’obligera jamais quelqu’un à apprendre. La capacité de convaincre de l’enseignant dans sa classe repose sur la confiance qui lui est faite en fonction du mandat qui lui est conféré par la société et garanti par l’institution. Nous sommes là pour l’appuyer dans ce qui
est une mission collective.

Or ce pacte est aujourd’hui remis en question. Les enseignants en sont réduits à leur seul charisme. Ils travaillent sans filet et sans mandat institutionnel clair. La société n’est plus derrière eux, à commencer par leur administration. C’est ce qui aboutit à la crise de l’autorité à l’école : les enseignants sont là au nom d’une collectivité qui ne reconnaît pas le rôle qu’ils exercent.

 

P. M. : L’autorité est en crise parce qu’elle est individuée et qu’elle n’est plus soutenue par une promesse sociale partagée. Le professeur tenait son autorité de son institution. Aujourd’hui, il ne la tient plus que de lui. L’école garantissait que l’autorité du professeur était promesse de réussite – différée, mais réelle – pour celui qui s’y soumettait.

Aujourd’hui, la promesse scolaire est éventée et le « travaille et tu réussiras » ne fait plus recette. L’école, qui était une institution, est devenue un service : les échanges y sont régis par les calculs d’intérêts à court terme. Le pacte de confiance entre l’institution scolaire et les parents est rompu. Ces derniers considèrent souvent l’école comme un marché dans lequel ils cherchent le meilleur rapport qualité/prix.

Le défi qui s’ensuit est double. Nous devons d’abord réinstitutionnaliser l’école jusque dans son architecture. Si les lycées napoléoniens ont si bien fonctionné, c’est qu’à mi-chemin entre la caserne et le couvent, ils alliaient l’ordre et la méditation.
Réinstitutionnaliser l’école, c’est y aménager des situations susceptibles de susciter les postures mentales du travail intellectuel.

Il est essentiel d’y scander l’espace et le temps, d’y structurer des collectifs, d’y instituer des rituels capables de supporter l’attention et d’engager l’intention d’apprendre

Nous devons ensuite, contre le savoir immédiat et utilitaire, contre toutes les dérives de la « pédagogie bancaire », reconquérir le plaisir de l’accès à l’oeuvre. La mission de l’école ne doit pas se réduire à l’acquisition d’une somme de compétences, aussi nécessaires soient-elles, mais elle relève de l’accès à la pensée. Et c’est par la médiation de l’oeuvre artistique, scientifique ou technologique que la pensée se structure et découvre une jouissance qui n’est pas de domination, mais de partage.

 

La réinvention de l’école passe donc aussi par un réexamen critique de nos outils pédagogiques ?

P. M. : L’accès à l’œuvre, parce qu’elle exige de différer l’instrumentalisation de la connaissance et d’entrer dans une aventure intellectuelle, se heurte à notre frénésie de savoir immédiat. Car les enfants de la modernité veulent savoir. Ils veulent même tout savoir.

Mais ils ne veulent pas vraiment apprendre. Ils sont nés dans un monde où le progrès technique est censé nous permettre de savoir sans apprendre : aujourd’hui, pour faire une photographie nette, nul n’a besoin de calculer le rapport entre la profondeur de champ et le diaphragme, puisque l’appareil le fait tout seul…

Ainsi, le système scolaire s’adresse-t-il à des élèves qui désirent savoir, mais ne veulent plus vraiment apprendre. Des élèves qui ne se doutent pas le moins du monde qu’apprendre peut être occasion de jouissance.

Des élèves rivés sur l’efficacité immédiate de savoirs instrumentaux acquis au moindre coût, et qui n’ont jamais rencontré les satisfactions fabuleuses d’une recherche exigeante. C’est pourquoi l’obsession de compétences nous fait faire fausse route. Elle relève du « productivisme scolaire », réduit la transmission à une transaction et oublie que tout apprentissage est une histoire…

En réalité, la culture française a toujours été rétive aux théories de l’apprentissage, pour leur préférer les théories de la connaissance : « l’exposé des savoirs en vérité » apparaît ainsi comme la seule méthode d’enseignement, qu’elle prenne la forme de l’encyclopédisme classique ou des référentiels de compétences béhavioristes.

Dans cette perspective, le savoir programmatique est à lui-même sa propre pédagogie, et toute médiation, tout travail sur le désir, relèvent d’un pédagogisme méprisable. Je regrette profondément l’ignorance de l’histoire de la pédagogie dans la culture française : elle nous aiderait à débusquer nos contradictions et nos insuffisances, et à réinventer l’école.

 

M. G. : Que savons-nous de ce que veut dire « apprendre » ? Presque rien, en réalité : nous passons sans transition du rat de laboratoire et de la psychologie cognitive aux compétences qui intéressent les entreprises. Mais l’essentiel se trouve entre les deux, c’est-à-dire l’acte d’apprendre, distinct de connaître, auquel nous ne cessons, à tort, de le ramener. Apprendre, à la base, pour l’enfant, c’est d’abord entrer dans l’univers des signes graphiques par la lecture et l’écriture, et accéder par ce moyen aux ressources du langage que fait apparaître son objectivation écrite.

Une opération infiniment difficile avec laquelle nous n’en avons jamais fini, en fait. Car lire, ce n’est pas seulement déchiffrer, c’est aussi comprendre. Cela met en jeu une série d’opérations complexes d’analyse, de contextualisation, de reconstitution sur lesquelles nous ne savons presque rien. Comment parvient-on à s’approprier le sens d’un texte ?

On constate empiriquement que certains y parviennent sans effort, alors que d’autres restent en panne, de manière inexplicable. Sur tous ces sujets, nous sommes démunis : nous nous raccrochons à un mélange de routines plus ou moins obsolètes et d’inventions pédagogiques plus ou moins aveugles.

 

P. M. : De même qu’aucun métier ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour l’exercer, aucun savoir ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour le maîtriser. Les compétences graphiques, scripturales, orthographiques, grammaticales suffisent-elles pour entrer dans une culture lettrée ? Je n’en crois rien, car entrer dans l’écrit, c’est être capable de transformer les contraintes de la langue en ressources pour la pensée.

Ce jeu entre contraintes et ressources relève d’un travail pédagogique irréductible à l’accumulation de savoir-faire et à la pratique d’exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd’hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que « savoir faire preuve de créativité » et « savoir attacher une pièce jointe à un courriel ».

Que peut bien signifier alors « l’élève a 60 % des compétences requises » ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.

 

A l’heure où nous passons des connaissances aux compétences, quels sont les leviers politiques qui permettraient de réinventer l’école ?

M. G. : L’école est à réinventer, mais elle ne pourra pas le faire seule dans son coin. Ce n’est pas un domaine de spécialité comme un autre qu’il suffirait de confier aux experts pour qu’ils trouvent les solutions. Le problème éducatif ne pourra être résolu dans ces conditions. C’est une affaire qui concerne au plus haut point la vie publique, qui engage l’avenir de nos sociétés et ne peut être traitée que comme une responsabilité collective qui nous concerne tous, et pas seulement les parents d’élèves.

L’une des évolutions actuelles les plus inquiétantes réside dans l’installation au poste de commandement d’une vision purement économique du problème, élaborée et développée à l’échelle internationale.

Ce que résume l’écho donné aux résultats des enquêtes du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), pilotées par l’OCDE. Le ministère de l’éducation nationale ne fait plus que répercuter des conceptions très discutables du type de performances auxquelles doivent tendre les systèmes éducatifs.

Très discutables, je le précise, y compris du point de vue de l’emploi et de l’efficacité économique. Qui peut prendre au sérieux le livret de compétences introduit au collège dans le but de mieux évaluer les acquis des élèves ?

Dans le travail comme dans le reste de l’existence, c’est avec de la pensée que l’on peut progresser, à tous les niveaux. La fonction de l’école, c’est tout simplement d’apprendre à penser, d’introduire à ce bonheur qu’est la maîtrise par l’esprit des choses que l’on fait, quelles qu’elles soient. C’est, de très loin, la démarche la plus efficace. L’illusion du moment est de croire qu’on obtiendra de meilleurs résultats pratiques en abandonnant cette dimension humaniste.

 

P. M. : Je suis entièrement d’accord avec Marcel Gauchet sur l’importance d’une mobilisation politique sur la question de l’éducation, qui dépasse d’ailleurs celle de l’école. Les programmes éducatifs des deux principaux partis politiques français ne proposent rien de plus que de nouvelles réformes scolaires : il n’y est nullement question de la famille, du rôle des médias, de la présence des adultes dans la ville, des relations transgénérationnelles…

 

P. M. : A l’heure actuelle, l’essentiel est d’inventer une école qui soit délibérément un espace de décélération, un lieu d’apprentissage de la pensée et d’expérience d’un travail collectif solidaire. Or, sur ces questions, le patrimoine pédagogique m’apparaît d’une extrême richesse. Le clivage politique, quant à lui, se situe entre ceux qui chargent l’école de transmettre une somme de savoirs techniques garantissant à terme l’employabilité du sujet, et ceux pour qui l’école a une vocation culturelle qui dépasse la somme des compétences techniques qu’elle permet d’acquérir.

C’est là une question de société qui appelle un véritable débat démocratique.

Le début des Comtés

En 814, le fils de Charlemagne, Louis le Pieux prend le titre d’empereur à la mort de son père.
Guillaume d’Orange, le comte guerrier de Toulouse se retire en 816 dans l’abbaye de Gellone fondée par ses soins et qui prendra son nom : St Guilhem-du-désert. Son lieutenant Begon, époux d’une des filles naturelles généreusement engendrées par Charlemagne, lui succède à la tête du comté. Le fils de Louis le Pieux.
Lors de l’hiver 821-822, tous les fleuves d’Europe, en particulier la Seine, l’Elbe et le Danube furent pris par les glaces pendant plus d’un mois. « Les plus grandes rivières de la Gaule et de la Germanie furent tellement glacées que, pendant l’espace de trente jours et davantage, on y passait par dessus à cheval et avec des charrettes ».

Louis le Pieux meurt en 838, Charles le Chauve fils de Louis et de sa seconde épouse, reçoit l’Aquitaine. En 841, nouvelle incursion musulmane qui fait le siège de Narbonne et retourne en Espagne avec un énorme butin saisi dans toute la région. En 843, Charles le Chauve devient roi de la partie Ouest de l’Empire sous le nom de Charles II. En 849, ce même Charles II, après avoir repris Toulouse à Pépin II, fils de Pépin et roi d’Aquitaine, confie la région à Frédelon, qui lui a livré la ville sans combattre en trahissant Pépin II.

Fils de Fulgaud, missus, ou vicomte, en Rouergue et en pays Nîmois, et de dame Sénégonde, Frédelon serait un descendant direct d’un noble Franc du 6ème siècle, il est nommé « Custos Civitatis » qui veut dire « gardien de la cité ». Son père s’était vu attribuer le Quercy et le Rouergue par le roi Louis le Pieux, sa famille comptait un évêque qui était à Orléans. A cette époque, pour obtenir une telle responsabilité, on ne peut que faire partie de la famille royale…

A sa mort en 852, son frère, Raymond 1er qui est comte de Rouergue et de Quercy est nommé comte de Toulouse. Il est à l’origine de la dynastie des « Raymond » qui régnera quatre siècles durant sur le vaste Languedoc et dont la famille actuelle des Toulouse-Lautrec est issue. D’ailleurs, la famille des Toulouse-Lautrec traversera onze siècles d’histoire avec une descendance masculine ininterrompue sur trente trois générations, elle reste une exception en France de par sa continuité.

En 875, Charles II est couronné Empereur, ses deux frères sont morts. Il perd en même temps son fils unique et ses deux petits enfants et en 877 lorsqu’il meurt, l’Empire se dissout.

Au 9ème siècle, les premières chartes apparaissent dans notre région sur l’initiative de seigneurs locaux imitant en cela un siècle après, Charlemagne. Il nous suffit de lire celle de Donezan en pays de Quérigut pour réaliser à quel point la société roturière est déjà bien structurée:

« Dans chaque village, les chefs de familles, réunis sous la présidence du doyen d’âge, nommaient consul celui qui faisait preuve de grandes vertus. Le consul procédait ensuite à la constitution d’un conseil dans son village.
Les différents consuls du pays choisissaient ensuite parmi eux un président qui était l’interlocuteur du seigneur, il prenait la défense des habitants, exposaitleurs besoins, et le seigneur faisait en retour le serment de respecter la souveraineté du pays en jurant sur les Evangiles. En outre les habitants étaient exempts d’impôts, sauf le payement d’une quote-part due annuellement au seigneur. Ils avaient toute liberté de prendre dans les forêts les bois dont ils avaient besoin et de faire paître leurs troupeaux sur l’étendue des montagnes. Le droit d’asile était inscrit aussi parmi leurs privilèges ; dès qu’ils avaient pénétré sur le territoire du Donezan, les déserteurs, homicides, sacrilèges, incendiaires, insurgés, hérétiques et victimes de quelque vengeance, étaient déclarés inviolables. Tout homme valide devait le service à son seigneur ; il était soldat et devait conserver dans sa maison, ses armes toujours prêtes. L’armée que le seigneur pouvait lever ne sortait du territoire que dans les circonstances les plus calamiteuses
. »

 

Le commerce recommence à se développer bien qu’il n’ait jamais complètement cessé d’exister, malgré les diverses invasions barbares, et l’on voit des marchands, surtout Juifs, sillonner tout l’ancien Empire romain et qui vont même jusqu’en Chine. Ces marchands d’un genre un peu particulier sont, en outre, des pourvoyeurs d’esclaves qui viennent des pays slaves et qu’ils exportent via l’Espagne vers les pays musulmans, qui à cette époque dominent une très grande partie de la partie sud de l’ancien Empire romain. Le commerce local a, lui aussi, toujours existé et les échanges sont très actifs, des marchés se développent partout. On remarque qu’à une demi-journée de marche de tout village, il se trouve un marché afin que les paysans puissent dans la journée faire l’aller et le retour. La preuve d’un dynamisme renaissant. L’Eglise, au concile d’Anse en 994, se souciera d’interdire aux fidèles d’acheter ou de vendre le dimanche, « sinon ce qui doit être mangé dans la journée ».

Faute d’argent, les fonctionnaires royaux étaient payés en terres. Ils devinrent ainsi les plus riches hommes des contrées qu’ils administrent, après les dignitaires ecclésiastiques…

A la fin du 9ème siècle, les titres donnés par le roi des Francs, à titre précaire, deviennent héréditaires… Avant ça le fief « tombait » à la mort du seigneur avant d’être relevé par un proche du roi qui semblait capable et fidèle. En 877, par le capitulaire de Quierzy, il sera établi que le fief du père passera au fils s’il en est digne. C’est le comte de Toulouse Bernard II, fils de Raymond 1er qui fera inclure dans l’énoncé de ses titres, la mention « par la grâce de Dieu », qui confirme le caractère irrévocable et héréditaire de la possession et de la fonction… Le droit féodal est né en Languedoc par cette valeur « d’irrévocabilité »… Il se mettra en place progressivement en deux siècles.

 

 

Ce que le « Souet » n’a pas murmuré…

 Lotissement du coteau

Nous manquons d’informations à ce sujet, tous les lots ont-ils étaient vendus ? Quel est le compte de résultat de ce projet qui avait pour objectif de dégager des ressources pour financer les travaux d’assainissement ?

 L’évolution de la population de notre village

 Nous n’avons pas encore, quelle chance, la dimension d’une ville et l’anonymat est encore un mal inconnu.

Aussi ne serait-il pas possible de glisser quelques mots sur les « mouvements » de nos concitoyens et complémenter les informations diffusées sur les naissances, mariages et décès par celles des mouvements de population ?

 De nouveaux Bondigounais sont signalés dans notre village, ne pourrait-on pas en faire une présentation de trois, quatre lignes, qui ils sont, d’où ils viennent, combien sont-ils, où sont-ils installés ?

Des départs ont eu lieu également, qui nous a quitté ?

Les travaux des différentes commissions

Mais que font nos élus ? Je suis certain qu’ils travaillent ! mais sur quoi ? comment cela avance ?

Ne peuvent-ils pas s’exprimer chacun sur sa commission ?

Vu de l’extérieur on a l’impression que cela dort doucettement. Je suis certain du contraire, mais alors quelle discrétion !!!

Sans être d’une exigence folle, j’ai l’outrecuidance de supposer que chaque concitoyen serait heureux d’en savoir plus sur la vie du village… Cela interpelle des états de soi comme : la participation citoyenne, l’appropriation des actions communautaires, la solidarité, l’intérêt de l’autre, etc.

Aménagement des berges du Tarn

Sentier à créer au niveau du chateau de Vernes

Un sentier, créé par la volonté de Villemuriens passionnés, existe entre Villemur et l’embranchement du Souet et du Tarn.

La communauté des communes, une association « Tarn eau vivante » et quelques élus souhaitent développer ce sentier jusqu’à Mirepoix voire Bessières. La volonté est là, les bonnes volontés manquent.
Devant le chateau de Vernes, la section de route sans bas-cotés est extrêmement dangereuse. Quelques volontaires se proposent de tenter d’aménager les berges du tarn en bas du mur afin de permettre aux randonneurs de circuler avec une chance de survie normale.
Des bénévoles sont toujours bien accueillis pour ce genre d’opération. Si vous voulez participer à ce type d’action, utilisez ce blog pour nous envoyer un message!

L’agriculture nous tue !

L’agriculture intensive est plus que jamais en débat : productivisme ou qualité ? Il semble impossible de conjuguer les deux. Quand le développement du cancer devient un vrai fléau social de par son développement exponentiel, il est peut-être temps de se pencher sur notre source d’approvisionnement alimentaire : l’agriculture française et européenne. Son rôle son coût, sa responsabilité en matière de sécurité sanitaire.

En apparence, l’agriculture française fournit une nourriture pas chère. Mais, si vous y ajoutez le coût prohibitif des subventions de la politique agricole commune (PAC), qui s’élèvent à 57 Mds € en 2010, le prix de la dépollution des eaux et l’explosion des cancers liée à la malbouffe, la facture de l’agriculture intensive devient très salée… Pour l’eau par exemple, les agriculteurs sont responsables de 70 à 80% des nitrates ou des phosphates présents dans les rivières. Et, pourtant, ils ne paient que 1% des frais de dépollution. Les 99% restants sont payés par les Français.

Si nous nous penchons sur les subventions massives accordées aux agriculteurs, il y a là des instruments qui devraient être au service des citoyens/consommateurs. Il se passe tout le contraire… Prenons l’exemple du maïs. C’est une culture inadaptée à la France parce qu’elle réclame beaucoup d’eau et de soleil. Pourquoi fait-on tant de maïs dans le Sud où l’eau manque? Par le miracle de la prime à l’irrigation qui a représenté 134 M€ en 2005. Mais ce système est à courte vue. La France ne sera jamais assez grande, et les coûts n’y seront jamais assez bas pour se battre à armes égales avec le Brésil, la Russie ou l’Ukraine. C’est une guerre perdue d’avance. Un système absurde qui ne profite qu’aux coopératives géantes et aux très gros agriculteurs.

Les méthodes d’élevages sont aussi à remettre à plat, surtout si l’on observe comment sont nourris les animaux d’élevage. Y a-t-il réellement un risque sanitaire pour les consommateurs ? Oui car les résidus de pesticides qui se retrouvent dans nos assiettes augmentent les risques de cancer. Ensuite, les porcs ou les poulets sont gavés d’antibiotiques. Or, les molécules sont les mêmes pour les humains et pour les bêtes. A force de traitements, on a créé des bactéries super résistantes. Cette résistance aux antibiotiques, c’est chaque année en Europe 25 000 morts. Quand on voit la composition des aliments pour bétail, de nouveaux scandales sanitaires tels que celui la vache folle nous pendent au nez.

Un véritable débat de société et une volonté politique forte de changer le modèle agroalimentaire sont les seuls moteurs du changement. Le Grenelle de l’environnement prévoyait 20% des surfaces cultivées en agriculture bio, nous n’en sommes qu’à 2,8%. Il faut subventionner massivement les exploitations bios et taxer à 40% les produits phytosanitaires au lieu de continuer à injecter toujours plus d’argent dans un système qui nuit à la santé des agriculteurs et à la nôtre. Le mouvement qui porte la vague de la culture biologique est un mouvement de fond. Il doit être relayé par les « politiques » qui seuls peuvent imposer un changement bénéfique à terme aussi bien pour nos agriculteurs que pour nous les consommateurs. Les politiques ne s’engageront que si nous en faisons un enjeu de société. Nous nous devons, chacun, individuellement, d’interroger nos députés et autres élus sur ce sujet. Les lobbies agricoles ainsi que ceux de l’industrie des pesticides et des engrais sont extrêmement actifs. Le combat semble perdu d’avance et pourtant nous ne devons pas attendre que les pouvoirs publics s’intéressent au sujet, il faut les y contraindre !…

Notre région sous Charlemagne

Charlemagne est seul maître en 772 du royaume Franc.

Neuf comtes, « comitatus » ou « fonctionnaires nouveaux », ont été nommés en 778 pour gérer les régions du royaume d’Aquitaine, qui sont comprises alors entre la Loire, et la Garonne, allant jusqu’au Rhône à l’Est en passant au dessus du Tarn, conquises depuis 768, et données à son jeune fils Louis 1er dit le Débonnaire âgé de seulement quelques mois. Il organise ainsi cette nouvelle partie du royaume franc comme l’avait fait en 614, Clotaire II, au travers de l’édit de Clotaire. Dans cet édit, le roi s’engageait à choisir les fonctionnaires du royaume parmi les propriétaires terriens des nouveaux territoires, et, à supprimer les fonctionnaires existant, issus des vieilles structures romaines. Il abandonnait ainsi une partie de son pouvoir royal à des « Comtes » locaux. Ces comitatus ou comites sont tous des chefs francs, parents de l’empereur ou bien des descendants de la noblesse wisigothique, ou plus rarement des descendants de sénateurs romains liés par mariages croisés à la noblesse Franque. Le premier comite de Toulouse, tout comme les autres fonctionnaires, est pair du royaume, et également appelé « duc », qui veut dire chef d’armées. De 778 à 790, Chorson sera donc le premier comte de Toulouse. La difficulté de diriger une région si loin de la capitale, Aix la Chapelle, et si éloignée culturellement des pays du nord oblige le roi à déléguer beaucoup de ses pouvoirs. Ce dernier repassera dans notre région en 778 lorsqu’il ira repousser les Sarrasins au delà des pyrénées. C’est à cette époque qu’il organisera la « marche » d’Espagne en attribuant aux populations de la frontière les premières chartes connues de coutumes et de privilèges.

Les ravages perpétrés par des « barbares » continuent. Les Hongres ou Hongrois, issus d’une tribu d’Asie nommée Magyar, sont arrivés en Gaule à la fin du 8ème siècle, ils dévastent le centre du pays, laissant de cruels souvenirs dans la mémoire collective, je pense ici à la légende de l’ogre toujours racontée à nos enfants, qui n’est qu’une déformation du nom de Hongre et qui fait encore si peur. Ceci démontre que l’imperméabilité des frontières est un leurre et pourtant nous sommes sous le règne de Charlemagne souverain de la Gaule, l’Italie, la Germanie et la Catalogne….. Notre pays, à ces époques, devait souffrir d’un déficit humain et organisationnel important pour permettre à des hordes peu nombreuses mais courageuses et avides de biens en or, concentrés alors dans les mains des gens d’Eglise, de venir impunément terroriser tout un peuple…

En 780, Louis le Pieux, fils de Charlemagne est roi d’Aquitaine. En 790, Guillaume, le cousin de Charlemagne sera le second comte de Toulouse. Guillaume sera un infatigable guerrier qui suivra Charlemagne lors de son passage dans les Pyrénées pour combattre les Sarrasins. En 793 il sera défait par Abd al-Malik qui, après avoir assiègé Narbonne pour tenter de la reprendre aux Francs, les rencontrera sur les bords de l’Orbieu. Il prendra Barcelone en 801 qui sera donnée à un comte goth.

Couronné Empereur Romain en décembre 800, Charlemagne prend conscience que le seul lieu possédant le savoir, l’église, ne maîtrise plus les rudiments du latin classique. Les textes liturgiques sont peu ou pas compris. Il fait chercher les experts les plus connus de l’Europe au-delà des Alpes et des Pyrénéens. Les plus efficaces lui vinrent des îles Britanniques, où le latin, totalement inconnu des indigènes, était une langue morte qu’il fallait enseigner systématiquement au clergé. Des institutions scolaires romaines existaient donc toujours dans ce pays. Charlemagne sut les attirer entre Loire et Rhin. Partant du rudiment, il fit d’abord restaurer l’alphabet. Il donna l’exemple en apprenant lui-même l’alphabet. Il encouragea le développement, modeste mais efficace des établissements scolaires. Cela aboutit à un renouveau de la culture romaine dans une région qui avait subi trois siècles de ravages et de destructions. Le feu reprit, il ne s’est plus éteint. C’est comme cela que naissent les légendes… « L’inventeur de l’école »…   Il fit également rétablir les rites romains dans les messes ainsi que l’art antique. Il appela auprès de lui des artisans et des orfèvres de Rome. Ainsi ce roi barbare fut l’instigateur du renouveau des arts antiques. Quand il fit construire son palai à Aix, il reproduisit ceux qu’il avait vus dans la péninsule romaine. En un siècle, la vitalité des artistes, maçons et autres orfèvres étaient réelle et la qualité des travaux rivalisait enfin avec ceux de l’époque antique. Les lettres retrouvèrent la noblesse des temps anciens et l’on jeta même les bases de la première philosophie d’Occident.

Les musulmans dans le royaume de Toulouse

Les Musulmans s’emparent de Narbonne en été 719. Leur avancée se brise à Toulouse en juin 721 où le duc Goth Eudes, de l’Aquitaine indépendante, a réuni une solide armée décidée d’en découdre. Al Samh, le chef arabe y laissera sa vie. C’est le premier échec sanglant des arabes face aux chrétiens. Anbasa ibn Suhayn, le successeur de Al Samh, réussira encore à prendre Carcassonne en 715, il moura en 726 sous les murs d’Autun. Son successeur Abd ar Rahman al Gafiqi dut faire face à des troubles sérieux au Maghreb obligeant le gros de l’armée à retourner y mettre bon ordre.

En 725, al-Kalbi enleva à nouveau Carcassonne et Nimes. Au mois d’août, les troupes musulmanes, après avoir remonté le Rhone, enlevèrent Autun qu’elles pillèrent en août 725. Certains allèrent jusqu’à Sens et Luxueil avant de faire demi-tour.

L’histoire officielle encore enseignée dans nos écoles fait croire à une grande victoire, en 732 à Poitiers, des armées de Charles Martel face aux Arabes, mais les envahisseurs battus à Poitiers se limitent seulement à une petite armée commandée par Abd al Rahman qui s’empressera de retourner vers le sud…

En 734 les musulmans installés à Narbonne, à la demande du patrice Mauronte occupèrent les villes sur le Rhone d’Ales, St Rémi et Avignon pour défendre la région des incursions de Charles Martel. La population sembla ne pas s’opposer à ces occupations.

En 737, Charles Martel assiégea et reprit la ville d’Avignon ; une répression à la « mode Franque » s’établit, tous les musulmans furent massacrés ainsi qu’une grande partie de la population qui avait été jugée trop conciliante avec l’ennemi… Ensuite il soumit Nimes, Agde, Béziers, Magdelone dont il fit détruire les remparts. Il tenta, en vain de reprendre Narbonne.

En 750, Charles Martel a récupéré tous ses territoires, sauf la septimanie restée aux mains des musulmans. Il les transmet à son fils.
Gaifier, successeur d’Hunaud de Eudes, du royaume de Toulouse, veut conserver tous ses biens, mais Pépin le Bref intervient victorieusement en 752. Des troubles persistants l’obligent à revenir en 757 combattre les Sarrasins en Septimanie où ils sont toujours installés.

Narbonne sera livrée aux Francs par ses habitants, les Goths, après que les musulmans aient été assassinés. Ansemundus comte Goth qui avait gardé un certain pouvoir sous la domination musulmane sera assassiné et remplacé par un noble Franc.

Après les wisigoths…

En 584, se déclare dans notre région une famine et la première peste connue par l’histoire régionale. Elles font de graves dommages, des guerres entre seigneurs locaux se déclenchent, elles sont l’occasion de pillages et de chasses à la main-d’œuvre, car l’esclavage demeure largement répandu. En 587, St Bertrand de Comminges est détruit par les francs, Pompée n’était plus là pour défendre son œuvre…

A cette époque les sénateurs appartiennent encore aux quelques familles issues de l’aristocratie gallo-romaine ou wisigothe, ils continuent à diriger les cités pendant quelques décennies encore… Les francs tiennent les plus grandes villes et régions riches, ils s’installent lentement mais sûrement… Seule une aristocratie Franque et des soldats s’installent dans le sud de la Gaule, on peut dire que le « sang » franc ne coule pas dans les veines des habitants occitans, seuls les nobles par mariages croisés avec les wisigoths et les gallo-romains se fondront dans cette société méridionale. En dépit des exactions militaires et de la domination politique des rois barbares, wisigoths puis francs, la situation socioculturelle et économique de notre région changea très lentement. Son identité romaine ne disparaît pas ; une large autonomie politique et culturelle est maintenue au moins jusqu’au 7ème siècle. Les structures administratives sociales et religieuses romaines y subsistent sans interruption jusqu’au 8ème siècle, au moins dans les régions d’accès aisé comme les vallées de la Garonne et du Tarn et de leurs affluents. Les structures urbaines, quoique réduites, subsistent aussi derrière les murailles du Bas-Empire. Le Bréviaire d’Alaric II, roi des wisigoths, continue à organiser les relations juridiques.

Les flottes Vandales et musulmanes du 5ème au 7ème siècle ont perturbé le commerce transméditerranéen et mis fin à l’usage occidental du papyrus égyptien. Le support d’écriture s’est réduit alors au parchemin, rare et cher… De très nombreux textes anciens ont ainsi disparus par vétusté ou simplement leur support a été gratté puis remployé pour transcrire des textes juridiques important pour l’époque…

Sous le roi salien Clovis Ier, le plus grand des Mérovingiens, la puissance et l’étendue territoriale du royaume franc augmenteront considérablement. Ces Francs sont décrits en 458, par un gallo-romain:

 « Leurs cheveux roux sont ramenés du sommet de la tête vers le front, laissant la blanche nuque à découvert; leurs yeux verdâtres roulent une prunelle humide avec des tons blancs – leur visage est entièrement rasé; le peigne ne ratisse que de légères moustaches au lieu de barbe; des vêtements étroits serrent les membres de ces guerriers à la haute stature et s’arrêtent au-dessus du jarret qui demeure nu; un baudrier presse leurs flancs au ventre rentré. Ils excellent à lancer dans l’espace leurs haches rapides, sans jamais manquer leur coup, à rouler le bouclier; ils accompagnent d’un bond le vol de leur lance, et tombent avant elle sur leur ennemi, enfants, ils ont déjà la passion de la guerre. S’ils sont écrasés sous le nombre ou par le hasard de la position, la mort peut les abattre, jamais la crainte. Ils nient la défaite et leur courage semble survivre à la mort.»

Les Francs ont réussi à s’implanter solidement sur la totalité de la Gaule pour une simple raison: Clovis, marié à une chrétienne, s’est converti à la religion catholique en 496, alors que tous les autres barbares étaient encore des adeptes de l’arianisme. Le soutient de l’église chrétienne a permis une reconnaissance de ce roi par toute l’aristocratie romaine installée en Gaule…

C’est à cette époque que la population diminue, que les forêts et taillis reprennent le dessus compte tenu de la pénurie de main d’œuvre et de la désorganisation des campagnes et du commerce. Les famines, consécutives à la destruction des récoltes, les épidémies n’épargnent pas les survivants. Malgré tout, les populations aquitaines (1 et 2 qui correspondent à une région allant de Nantes à Bordeaux, filant jusqu’au Rhone et remontant jusqu’à Orléans pour faire vite), sont relativement moins affectées par ces bouleversements que celles du nord.

En 629 un nouveau « royaume de Toulouse » est créé pour faire face aux dangers venus de toutes parts. Il comprend les cités et régions de Toulouse, Agen, Périgueux, Saintes, Cahors, Albi, le Rouergue et le Gévaudan. Peu de temps après, un duc est nommé pour gérer la région, le premier connu est un « patrice » gallo-romain de Toulouse appelé Félix et qui de 660 à 670 ramène le calme dans la région. Son successeur, Lupus, est aussi un gallo-romain, il crée une solide armée avec des mercenaires Vascons et des hors-la-loi. Il tente de reconquérir le nord de l’Aquitaine en s’attaquant à Limoges. Il meurt vers 673. Loup est reconnu Duc d’Aquitaine I, de Béziers à Albi. Puis en 714, Eudes est duc et prince d’Aquitaine, il règne sur un véritable état qui va des Pyrénées à la Loire, de Rodez à l’Océan, dont la capitale est Toulouse.

Charles Martel, fils naturel de Pépin d’Héristal prend le pouvoir mais il doit reconnaître cet état en 720.

763-764. Hiver très rigoureux au cours duquel la mer fut gelée sur nos côtes. Dans l’intérieur de la Gaule, des froids extraordinaires furent signalés du début d’octobre 763 à la fin de février 764. En certaines contrées de notre pays, il serait tombé, au dire des historiens, jusqu’à 10 m de neige.

De 760 à 768, les Francs tentent de reconquérir les deux Aquitaines, les ravages et les destructions sont tels que l’on en trouve beaucoup de récits l’attestant. Pépin le Bref réussit à prendre Toulouse, Albi, Rodez et bien d’autres territoires en 768.

On a pour habitude de situer la fin de l’Antiquité et le début du Moyen-Age en 768.

Développement durable et RSE

En matière de gouvernance du développement durable, on en vient assez vite à réfléchir à la « RSE » (responsabilité sociale ou sociétale des entreprises)

La responsabilité sociale des entreprises définit la participation des entreprises locales ou multinationales dans la réalisation des objectifs social, économique et environnemental du développement durable. C’est un concept volontaire qui rappelle le rôle unique des entreprises dans la création d’un équilibre durable dans ses relations avec son environnement, ses partenaires économiques, ses salariés, ses clients, ses fournisseurs, etc. En somme, il s’agit pour les entreprises d’adopter un comportement éco-citoyen afin que toutes les actions qu’elles mènent tiennent compte des enjeux du développement durable sur le plan local et global.

Cette démarche nous emmène très vite  une approche économique et sociétale du développement durable.

La responsabilité sociale des entreprises se situe à différents niveaux :

  • le bien-être des employés
  • l’approvisionnement
  • la qualité du produit ou du service
  • l’empreinte sur l’environnement

Pour que cette responsabilité s’exerce efficacement, les entreprises doivent faire preuve d’innovation. Celle-ci doit être structurée…

Innovation = inventivité + valeur ajoutée + conduite du changement

L’innovation doit être vecteur de plaisir, ce n’est pas que de la technologie… l’innovation en matière de comportements, de services est détermitante…
Le territoire dans lequel se trouve l’innovation a également une forte influence sur celle-ci…

Je rappelle que c’est de la contrainte que née l’innovation. Et malgré ça, en matière d’innovation on doit tout d’abord définir le cadre, puis oser en sortir et penser à y revenir…

Un exemple : gestion des déchets des particuliers 

Il ya des règles, il faut les connaitre et ensuite il faut les mettre de côté et se dire par exemple : pourquoi ne pas recycler et en dégrader une grosse partie en local, dans la commune ?
A partir de là on peut mettre en œuvre notre inventivité pour sortir des sentiers battus… Puis on revient en final comparer la réponse avec le référentiel

La valeur ajoutée doit être estimée et contrôlée en permanence lors de la démarche d’innovation

La conduite du changement est affaire de spécialiste, elle n’est pas « bricolée » par un quelconque DirCom sur un coin de bureau. Elle est complexe et plus affaire de sociologue que de communiquant.

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Pour conclure, la RSE est l’affaire des entreprises mais aussi celle des collectivités locales. Ne pas en tenir compte dans une démarche de développement durable me semble un non sens…

Utilisation de l’eau de pluie ou de puits

L’homme a toujours « récolté » l’eau de pluie.

Depuis les romains qui n’en perdaient pas une goutte au fil de leurs aqueducs, dans toutes les cultures l’eau a été précieuse. Aurait-on oublié ?

Il est certes économique de récupérer et de réutiliser l’eau de pluie. Mais c’est surtout un geste écologique qui permet de :

  •  Ménager les nappes phréatiques en diminution et polluées
  •  Réduire les eaux de pluie pour la prévention des crues
  •  Diminuer les eaux de ruissellement en cas de fortes pluies dans nos paysages de campagne et ville uniformisés (augmentation des surfaces imperméabilisées soustrayant à l’infiltration des surfaces de plus en plus importantes, disparition de zones humides, de mares, des haies, conversion agricole,…) en faisant « rétention » dans des citernes
  •  D’une manière générale, préserver et respecter cette ressource gratuite plutôt que de la rejeter vers le réseau pluvial.

Comme l’indique l’article 641 du Code Civil, « un propriétaire a le droit de capter et d’utiliser l’eau pluviale qui tombe sur sa propriété ».
Plus qu’un droit, ne serait-ce pas un devoir ?

Le prix du m3 d’eau a augmenté globalement de 40% – de 1995 à 2005 – selon l’Indice Insee.

Toujours est-il que l’eau de ville potable est de plus en plus chère et les disparités régionales sont majeures (jusqu’à 40% d’écart de coût), la région d’Ile de France battant les records.

Et puis, est-ce bien utile d’utiliser de l’eau potable et d’en payer le prix ! Pour les lavages, l’arrosage mais aussi les toilettes et les lessives ? 54% de l’eau consommée est destinée à des usages qui ne nécessiteraient pas d’eau potable ! Où est passé le bon sens alors que le coût d’assainissement représente plus de 30% du coût global de l’eau sortant de notre robinet….là aussi récolter l’eau de pluie est une solution d’intérêt collectif !

Alors que les économies d’eau arrivent en troisième position du Top 10 des éco-gestes (en liste depuis le printemps 2007), sa collecte se situe seulement en 6ième ou 8ième position. Comme nous le verrons, les principales raisons sont d’ordre réglementaire (manque d’encadrement via une réglementation spécifique) et d’ordre sanitaire, les autorités sanitaires françaises se montrant pour l’instant peu favorables à la réutilisation des eaux pluviales dans l’habitat.

La récupération d’eau pluviale concerne ainsi non seulement les utilisateurs privés (arrosage, WC, piscine, …) et les utilisateurs publics (hôtels, services techniques, alimentation sanitaires, …), mais également les collectivités (économie sur les surdimensionnement des réseaux d’eau pluviale, diminution du besoin d’installations de production d’eau potable, eau pluviale utilisée pour le nettoyage des voiries, des véhicules de fonction, l’arrosage des espaces verts et des terrains de sport, le remplissage des bassins d’agrément et réserves à incendie,..), les agriculteurs et viticulteurs (réserve d’eau disponible en cas de restrictions lors des périodes de sécheresse), les entreprises et les industriels (utilisation en eau de process, de refroidissement, stations de lavage,…).

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Estimation en % de notre consommation d’eau :

L’eau pluviale est naturellement adaptée à l’arrosage (8% de nos dépenses en eau) et au nettoyage (4%).

L’eau utilisée à l’intérieur de la maison se répartit ainsi : 31 % pour les WC, 9 % pour le lave-linge, 4 % pour le lave-vaisselle, 4 % pour l’entretien ménager et 3 % pour les utilisations diverses. Les bains et douches représentent 37 % de notre consommation d’eau.

L’eau de pluie pourrait être utilisée pour ces postes, et permettre ainsi l’économie directe d’eau potable, mais également des économies indirectes. Par exemple, la durée de vie des appareils serait prolongée par l’utilisation d’une eau douce sans présence de calcaire. Ceci s’accompagne d’une économie supplémentaire sur les produits anti-tartres et la lessive.

Néanmoins, en France la réglementation exige le respect de différentes normes de qualité en fonction des usages de l’eau (eau potable, eau de baignade). Or, la qualité des eaux pluviales non traitée ne respecte pas les normes de l’eau potable qui sont très strictes (norme eau potable demandée même pour l’usage des chasses d’eau pour les WC !).

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Utilisation d’un puits ou forage prive

Aspect règlementaire

Une déclaration en mairie est obligatoire

Tout puits ou forage réalisé à des fins domestiques, soit tout prélèvement inférieur à 1000 m3/an doit faire l’objet d’une déclaration en mairie.
Toute personne qui est tenue de se raccorder au réseau d’assainissement et qui s’alimente en eau à une source qui ne relève pas d’un service public doit en faire la déclaration en mairie.

Décret du 2 juillet 2008
Déclaration obligatoire :
– depuis le 1er janvier 2009, pour tous les nouveaux ouvrages
– avant le 31 décembre 2009, pour les ouvrages existants avant le 31 décembre 2008.

Consultation sur internet :
http://www.foragesdomestiques.developpement-durable.gouv.fr
Cette déclaration se fait en fonction du débit dans le milieu naturel
Code de l’environnement : déclaration ou autorisation auprès de la D.D.E.A.

Et en fonction de la profondeur de l’ouvrage
Code minier : la réalisation de tout forage de plus de 10 mètres doit faire l’objet d’une déclaration auprès du service régional chargé des mines.

Aspect sanitaire 

Code santé publique :
– déclaration à la Préfecture (DDASS) si captage privé réservé à usage personnel d’une famille.
– autorisation par arrêté préfectoral si captage privé à usage collectif ou locatif.