Ubérisation de la société, et alors ?

Le monde du travail change en fonction des évolutions de la société et parfois il se produit l’inverse ; la société évolue en fonction des changements du monde du travail (rappelons-nous les congés payés en 1936, les 35 heures tant décriées en 1996).

Pourtant une nette résistance aux évolutions du monde du travail créé toujours des crispations, elles sont de véritables secousses sismiques qui parfois nous surprennent par leur violence.

Evoluer, c’est parfois mettre en danger un système. Le monde du travail est devenu au 20ième siècle à force de combats, le socle d’une nouvelle organisation de nos vies personnelles par plusieurs vecteurs :

  • Tout d’abord, par l’invention du CDI, il est impossible de créer un patrimoine au travers de crédits sans CDI, qui est bien la fondation du socle…
  • Puis, parce si un contrat de travail donne au salarié des revenus en contrepartie d’un labeur, il lui permet surtout de vivre en consommant, depuis la fin du 20ième siècle, de plus en plus de services au-delà du juste nécessaire, remisant même le juste nécessaire au second plan pour assurer sa survie.
  • Ensuite l’actuelle organisation du travail est le canal par lequel s’est bâtie la solidarité de notre pays, prélèvements forts sur le travail pour financer la santé et les aides diverses (allocations familiales, allocations chômage, les retraites, etc…)
  • Le travail donne à l’individu une existence dite « normale », une légitimité sociale forte face aux inactifs considérés alors comme hors du jeu économique
  • Il organise par strates la société humaine avec des passerelles accessibles aux plus méritants, les plus travailleurs ou les plus malins, afin de parvenir à s’élever dans la société

Peu souhaitent que cette organisation subisse de trop profonds changements, qui risqueraient de mettre en danger leur propre avenir ou existence… Paradoxalement, la liberté d’entreprendre est facilité par la numérisation du monde qui fait fi des distances, des frontières, des barrières douanières, des règlementations nationales et des corporatismes aux statuts certes protecteurs mais si contraignants. Emerge donc l’Ubérisation qui rend libre et esclave à la fois. L’Ubérisation met donc en danger les lois du travail en ignorant les financements de la solidarité puisqu’elle la considère comme une contrainte, aussi elle propose un modèle sans nation puisque virtuel.

Ne nous leurrons pas, l’évolution de notre société libérale sur le modèle actuel fera que demain tout le monde sera auto-entrepreneur ou free-lance au service des autres dans un système Ubérisé global. Seule une catastrophe économique, ou climatique ou géologique pourrait aujourd’hui changer les règles qui régissent notre monde.

 

Que peut-on Ubériser ?

Le privé parce que tout patron pourra utiliser des fournisseurs de prestations comme c’est déjà le cas quand on parle pudiquement de sous-traitants alors que l’on a affaire à des loueurs de « viandes » ou parfois de « cerveaux ».

La fonction publique, car elle se réduira comme une peau de chagrin, la santé, la défense, l’éducation, la police pourront être Ubérisés, la sécurité sociale, les aides sociales, le système des retraites seront progressivement réduits et transférés au secteur privé, car plus finançables par des prélèvements sur le travail. La douane a déjà disparu… Le fisc sera bien la seule niche de fonctionnaires si l’on ne revient pas à un principe d’affermage comme avant 1789. Quid de la justice qui pourrait bien revenir vers les religions…

Je vous rappelle qu’en Belgique 20% de la population est déjà sous un statut d’auto-entrepreneur ou de free-lance…

 

Comment nous préparer à cette situation nouvelle ?

Voilà le problème car vous aurez bien compris que les Ubérisés seront mal payés et corvéables à merci, sans possibilité d’accès à la propriété au travers de crédits. Les banques existeront toujours mais elles seront sur un autre registre que celui du crédit aux particuliers, elles seront sur celui des prêts à court terme ou dans des opérations liées au devenir des grandes entreprises, et surtout sur la vente de produits financiers de plus en plus sophistiqués…

Quand on réfléchit aux secteurs épargnés par l’Ubérisation on ne voit rien de bien clair… Aussi je vous propose de raisonner autrement.

A part ceux qui seront du bon côté de l’Ubérisation, les dirigeants des plateformes d’Ubérisation ou les grands dirigeants des banques ou entreprises aussi bien de services qu’industrielles mondiales, les autres seront du mauvais côté. Je rappelle qu’avant la révolution de 1789 beaucoup de nos ancêtres étaient des journaliers ou brassiers, salariés payés à la tâche ou à la journée, sans aucune certitude sur la durée du travail proposé…

 

Quels sont les services ou produits qui vont rester indispensables dans vingt ou trente ans ?

Un fait tout d’abord : plus nous allons avancer dans le temps et plus « l’usage » va primer sur la « propriété ».

Acheter ou louer ne sera plus la vraie question. On loue déjà un véhicule adapté au besoin et au temps, une camionnette pour transporter du matériel à un moment donné, une décapotable pour partir en week-end, etc… Idem pour l’électroménager, les Smartphones, les vêtements, la vaisselle, les lieux de résidence… Nous allons vers ce monde et les nouvelles générations y sont déjà en plein !  On peut donc supposer que les industriels vont bientôt vendre du service et non plus du matériel… Ils fabriqueront des produits pour multipropriétaires et surtout pour des locataires. Alors, on peut imaginer que la vente de produits finis va disparaitre au profit de la location via Internet sans intermédiaire et sans contrôle de l’état…

Les fermes industrielles, les transformations agroalimentaires de basse qualité vont se développer de plus belle car les services de la santé publique chargés du contrôle des bonnes pratiques auront disparu, au profit de l’autocontrôle ou de l’Ubérisation des contrôles qui nous amèneront souvent devant les tribunaux, à l’hôpital privé ou à la morgue…

Alors oui, tout ou presque peut être ubérisé.  Et il restera à nous tous qu’à produire des produits « niches », une niche sera à terme un produit de qualité sanitaire ou technique supérieur à la moyenne ou indispensable et complexe…

 

Alors que faire ?

Relancer le troc, les monnaies locales, la solidarité citoyenne, l’auto gestion familiale élargie, sortir du consumérisme galopant en triant le nécessaire du superflu… Et puis comme toujours, s’en sortiront le mieux ceux qui seront possesseurs de terres et d’outils de production vivrière…

Il y a eu dans l’histoire multimillénaire plusieurs exemples de repli ou de changement brutal dans nos sociétés. Les sociologues ont remarqué alors que le premier effet à un changement violent (peste, économie défaillante, guerre) était situé dans le noyau de la famille élargie. Quand tout allait bien les familles éclataient, les égoïsmes prenaient le pas sur la solidarité, les enfants quittaient assez vite la famille parentale, et au contraire quand la vie devenait compliquée les familles se regroupaient autour d’un ancien, et la règle était de mettre au pot commun les efforts, les outils et les bénéfices, jusqu’à ce que cela aille mieux et que de nouveau les liens familiaux se distendent.

Les alliances d’alors, entre différentes familles au travers des mariages n’avaient qu’un but ; conforter et structurer un groupe de plus en plus puissant afin de mieux affronter le problème de la survie…

Nous pouvons supposer alors que le monde à venir devra compenser le retrait de la solidarité nationale en construisant une solidarité rapprochée, clanique, villageoise, et familiale de qualité.

Nous devrons reprendre en charge nos anciens, les malades, les faibles, les démunis, nous devrons reprendre à notre compte un minimum de production alimentaire de qualité, nous devrons abandonner peut-être notre frénésie aux déplacements lointains et fréquents, nous devrons certainement reprendre à notre compte l’instruction de nos enfants, la formation à des métiers indispensables. Et si l’état devenait défaillant, nous devrions reprendre à notre charge les fonctions de défense et de police…

 

Tous ces changements ont bien sûr des conséquences. Les grands risques que j’y vois sont un fort développement de la violence, individuelle de survie, et collective d’expansion afin de garantir la dite survie et, l’émergence de gourous ou « grands prêtres » qui tenteront d’étendre leur pouvoir au travers d’une religion refuge qui permettrait aux plus fragiles de trouver un peu d’espoir et d’apaisement…

 

Alors que faire face à l’évolution des règles du travail ? Je n’en sais rien hélas….

L’avenir du monde a hélas échappé depuis longtemps à nos états nationaux… Préparons-nous à nous retrouver seuls face aux difficultés à venir.

 

 

Serf ou homme libre au moyen âge

On imagine très souvent que tout paysan de cette époque ne pouvait être que serf; il n’en était rien…

Les paysans, ceux qui résident dans de grands domaines ou manses n’ont pas tous le même statut juridique et les manses, dans les inventaires, sont définies comme « manse servile » ou « manse ingénuile » (franc, libre).

Cette différence reflète des disparités économiques : les manses serviles sont plus petits que les manses libres qui sont la plupart du temps des tenures de laboureurs, équipés d’un attelage de culture performant, alors que les manses serviles sont exploités à bras.

Les manants qui peuvent être des hommes libres ou colons ou serf, sont ceux qui tiennent des manses, ils doivent des jours de corvée à leur seigneur en fonction de la surface du manse concédé et de leur statut. On peut alors transmettre à ses héritiers le manse ingénuile alors que les serfs ne peuvent rien transmettre. Un manse reste la propriété du seigneur tout du moins jusqu’au 9ième siècle.

Ci-dessous un texte du 9ième siècle du domaine de Paliseau appartenant à l’église. On comprend mieux le fonctionnement des manses. Et que rien n’est bien défini en fonction du statut.

« – Walafredus, colon et sa femme, nommée Eudimia, gens de Saint Germain, ont avec eux deux enfants, Walahildis, Leutgardis.

 Walafredus tient deux manses ingénuiles, ayant sept borniers de terre arable (7 ha), six arpents de vigne (3 ha) quatre arpents de pré (2 ha). Il paie pour chaque manse une année, un bœuf, l’année suivante un goret, et quatre deniers pour le rachat du service du transport du bois, deux muids de vin pour la paisson, une brebis avec un agneau. Il laboure quatre perches pour les blés d’hiver (1 perche vaut 51 centiares) deux perches pour ceux de mars. Il fait des corvées, des charrois, des manutentions et des coupes de bois autant qu’on lui en demande. Il doit trois poulets et quinze œufs.

– Hairmundus, colon et sa femme colone, nommée Haldrada, gens de Saint Germain, ont avec eux cinq enfants nommés Elison, Hildegaudus, Eliseus, Theudildis, Hairiueo.

Il tient un manse ingénuile ayant dix borniers de terre arable, deux arpents de vigne, un arpent et demi de pré. Il doit les mêmes redevances que le précédent…

– Ebrulfus, colon et sa femme, esclave, Ermenildis, ont avec eux quatre enfants, ils tiennent un manse et paient un bœuf par année. Teutgardis, esclave de Saint Germain a avec elle son enfant, Teutgaria. Ces trois familles, tiennent un manse ingénuile ayant quatre borniers et un ansage de terre arable, quatre arpents de vigne, deux arpents de pré. Ils travaillent huit arpents dans la vigne du maitre. Ils paient deux muids de vin pour la paisson et deux sétiers de sénevé…

– Ermenoldus, esclave, et sa femme, colone, nommée Marta, gens de Saint Germain, ont avec eux, quatre enfants, Ermenbertus, Ardegarius, Armenardus et Ingalsindis.

– Maurus, esclave, et sa femme, libre, nommée Aclehildis, gens de St Germain ont deux enfants. Il y a aussi Guntoldus, colon de Saint Germain. Ces deux hommes tiennent un manse servile ayant deux borniers de terre arable, deux arpents et demi de vigne, un arpent et demi de pré. Ils travaillent dans la vigne du maitre huit arpents. Ils paient quatre muids de vin pour la paisson, deux sétiers de sénevé, trois poules, quinze œufs. Ils doivent des manutentions, des corvées, des charrois.

On remarquera que des hommes non serfs, peuvent tenir des manses serviles. Inconvénient, ils ont les mêmes contraintes que les serfs et doivent la moitié de leur temps à leur maitre.  

 

Un colon est un descendant des colons romains. Rattachés à une villaé, ils étaient entre l’esclave et l’homme libre. Ce terme latin est de racine colo, colere « habiter, cultiver » et de sens dérivé : « cultiver à la place de quelqu’un d’autre, habiter en lieu et place de quelqu’un, le représenter ». C’est le sens même de tenancier d’un domaine et le sens plus général connu pour « colon » et « colonie » se rattache à ce sens premier.

 

On pense que la population servile constituait au 9ième siècle de 5 à 15% de la population paysanne.

Les serfs peuvent être des esclaves de naissance ou pas.

Voici d’autres conditions de mise en servage :

  • L’entrée dans la condition servile peut se faire par le mariage avec un serf ou une serve: « le pire emporte le bon », du moins jusqu’au XIIIe siècle, après cela restera valable seulement pour la femme.
  • La soumission d’un homme libre au servage, par exemple par le refus de service d’ost.
  • La résidence en « lieu serf », « l’air rend serf » (un an et un jour après la tenure servile.)

Considérons cependant le déclin du servage grâce aux actes d’affranchissement (abrègement de fief, déjà au 11ième, un peu plus au 12ième siècle et encore au 13ième siècle. Il s’agit là d’un mouvement historique lié à l’action des rois), à l’abandon de la tenure servile et au développement de la résidence en lieu de liberté (villes libres, l’adage : « l’air rend libre »).

 

Les anciens esclaves ou serfs deviennent des « dépendants », ils n’étaient jamais complètement libres, et restaient, eux et leur descendance, sous le contrôle du maitre.

Le mariage accordé aux esclaves par l’église en faisait de fait des hommes libres, car ils fondaient une famille catholique, et par règle, aucun catholique ne pouvait être esclave sur les territoires européens (on peut donc supposer que les serfs avaient été maintenus, volontairement ou pas en dehors de l’église catholique ; qu’elle était donc leur religion ?).

Et ce mouvement d’affranchissement se fit en parallèle avec la tenure de manses ingénuiles par des serfs « l’air rend libre ».

 

Etre libre, s’était pouvoir se marier librement, transmettre ses biens, signer des contrats, témoigner en justice.

L’essentiel des terres au 9ième siècle étaient détenues par des hommes libres, qui pouvaient s’exprimer au travers de diverses assemblées laïques ou religieuses. Si la frange supérieure des hommes libres formait la noblesse, l’inférieure était constituée par les pauvres libres, entre les deux on trouvait les corporations d’artisans et autres notaires, chirurgiens, etc.

Au fils des années, la pression des puissants transforma les pauvres libres en pauvres dépendants, ayant dû céder leurs terres au seigneur. Il suffisait de convoquer pour l’ost les pauvres libres pour mener une guerre, pendant les moissons, pour qu’ils soient contraints de vendre leurs terres pour survivre en hiver, ou bien une expédition plus virile pouvait réduire tout velléitaire…Les rois de l’époque essayèrent de lutter contre ces méthodes en allégeant l’ost des paysans.. Mais rien n’y fit… une lente mais sournoise érosion des biens transforma en quelques siècles la population « libre » en « dépendants »…

 

D R

Proverbes de Mars

S’il pleut pour la St Aubin, (1 mars)

L’eau sera plus chère que le vin.

~

Des fleurs qu’en Mars tu verras,

Rarement tu mangeras.

~

Quand mars se déguise en été,

Avril prend ses habits fourrés.

~

Mars sec et froid,

N’a jamais produit famine.

~

Pâques en Mars,

Tombes de toutes parts.

~

Taille tôt, taille tard,

Rien ne vaut taille de Mars.

~

Bise de Mars

Et vent d’Avril,

Font la richesse du pays.

~

Mars gris, Avril pluvieux

Font l’an fertile et plantureux.

S’il gèle à la St Stanislas,( le 11 avril)

On aura deux jours de glace.

Demain, c’est aujourd’hui !

Oui, je sais, « le changement c’est maintenant », on connaît la formule. On l’a entendu, espéré, attendu, réclamé, revendiqué et nos chers donneurs de leçons politique ont beau courir après, on ne voit toujours rien venir. Quant aux médias omniprésents qui nous tourneboulent, nous omnibulent et nous manipulent, ils nous désespèrent tant qu’on en perd la boule. A force d’écœurement, on finirait presque par se dire qu’il n’y a plus qu’à pratiquer la politique de l’autruche pour échapper à ce monde d’injustice, de violence, de pollution, de productivité et de compétitivité tous azimuts. Bref, foutu pour foutu, se coincer la bulle pour oublier que la planète court à sa perte et que, décidément, on n’y peut rien, « nous les petits, nous les sans-grades, nous les sans-dents… ».

 

Sauf que non, décidément non, les derniers des Mohicans, les irréductibles petits villages gaulois, ils se comptent par dizaines, par centaines, que dis-je, par milliers de par le monde ! Si si, je vous jure ! Et n’allez pas me taxer de joyeuse hurluberlu, de rêveuse farfelue, de Pierrette lunaire, d’utopiste bobo … Vous n’avez pas encore vu le documentaire « Demain » ? Courez-y, courez-y vite, comme le bonheur dans le pré, il va filer ! Sorti sur grand écran en décembre, il est encore projeté ce mois-ci à L’Utopia Tournefeuille et a fait ½ million d’entrées au niveau national.

 

Demain

Un film formidable, remarquable qui va vous chatouiller les neurones, vous doper les vitamines, vous donner du pep’s pour toute l’année ! Des idées, des projets, des pistes ce film coréalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion (co-fondateur avec Pierre Rhabi du mouvement Colibri) en fourmille, en foisonne ! Et du concret s’il-vous plaît, du réel, du palpable, du « consommable » au sens premier et noble du terme. Des expériences, des initiatives essentiellement citoyennes à l’échelle de la planète qu’ont sillonnée nos deux acolytes et quelques-uns de leurs amis pour nous les faire partager et nous redonner foi en l’humanité en ces temps de grande morosité. Que ce soit en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, de démocratie ou d’éducation, oui, tout peut changer, si nous citoyens agissons à notre petite échelle, nous regroupons, cessons de croire en la fatalité.

 

« Oui, un autre monde est possible », « Yes, we can » ne sont pas de vains slogans électoralistes ou populistes. Partout dans le monde, de simples citoyens mais aussi des politiques responsables, exigeants et intransigeants se mobilisent et œuvrent pour rendre à notre terre nourricière sa fertilité, pour exploiter les meilleures des énergies c’est-à-dire celles qui sont renouvelables, pour faire vivre des économies locales en parallèle de nos économies mondiales, pour faire entendre la voix des populations, pour redonner à l’éducation ses titres de noblesse et élever nos enfants dans le respect de valeurs à mille lieues de celles de nos sociétés de libéralisme et de performance exacerbés.

 

Alors, oui, précipitez-vous dans ces salles obscures d’où jaillit parfois, souvent même, la lumière : celle de l’espoir, de l’optimisme retrouvé, de la réconciliation.

 

Oui, « Demain » c’est maintenant !

Sylvie.L

 

100 ans déjà

Maximin ROUX est né le 9 janvier 1893 à Montvalen fils de Roux Jean et de Gay Jeanne. Il était le quatrième enfant d’une famille d’agriculteurs qui en comptait cinq.

Lors de son incorporation le 20 octobre 1913 il est décrit, sous le numéro de matricule n° 133, comme un homme de 1,70 m (ce qui était grand pour l’époque) aux cheveux châtains foncés, yeux marron foncés, front de hauteur moyenne, au nez rectiligne, au visage osseux, avec un niveau d’instruction n° 2 dans une échelle qui en comporte 5, il est dit de profession cultivateur.

Il est incorporé sous le matricule n° 4962 au 59ème régiment à compter du 1er octobre 1913, et arrive dans son corps le 26 novembre 1913 comme soldat de 2ème classe.

Parti au front le 7 août 1914, il est intégré dans la 4ième armée. Il est blessé d’une balle à la tête le 27 août 1914 à Raucourt, il est évacué à l’arrière.

Il passe au 2ème régiment du génie, affecté à la compagnie n°17/52 sous le numéro de matricule n° 25610 le 1er octobre 1915 (en exécution de la note n°7869 du GGG en date du 13 sept 1915).

Il a été surpris en compagnie de quelques camarades dans la nuit du 16 au 17 février 1916, par les gendarmes, en train de voler quelques bouteilles de vin dans un café abandonné, à quelques centaines de mètres de leur cantonnement. Certains, réussissant à échapper, sont allés rechercher leurs armes à la caserne toute proche en passant par un trou dans le mur, et sont revenus pour aider leurs camarades. Ils ont tiré sur les gendarmes… Tous réussissent à rentrer sauf le dernier qui est capturé à quelques mètres du mur.

Interrogé, il parle…

Maximin a été reconnu comme étant le principal instigateur du vol, commis à plusieurs, avec préméditation, par effraction et avec armes. Ses camarades ont bénéficié de circonstances atténuantes car on a considéré qu’ils n’avaient fait que suivre.

Lors de ce procès, il a bénéficié de l’assistance d’un avocat. Le Conseil de guerre a délibéré à huis clos.

Tombant sous le coup de l’article 250, chapitre VIII, du Code de justice militaire : « Est puni de mort, avec dégradation militaire, tout pillage ou dégât de denrées, marchandises ou effets, commis par des militaires en bande, soit avec armes ou à force ouverte, soit avec bris de porte et clôtures extérieures, soit avec violence envers les personnes ».

Il est condamné à la peine de mort avec dégradation militaire par le conseil de guerre de la 34ème division lors de la séance du 1er mars 1916.

Ses camarades sont tous condamnés de dix à vingt ans de bagne, (ces peines seront converties à un aller simple pour Verdun, car l’armée manquait de chair à canon).

La loi du 15 janvier 1916 stipulait que tout condamné à mort devait bénéficier d’un délai de quinze jours avant l’exécution de sa peine afin qu’il puisse avoir la possibilité de déposer une demande de recours en grâce auprès du Président de la République. Ce délai n’a pas été respecté… Son avocat a écrit un courrier le 1er mars, pour le président de la république, qui a été bloqué par le président du tribunal.

Le présent jugement a donc reçu exécution le 2 mars 1916, à 7 heures du matin, devant la troupe en armes, à Wanquetin situé à 12 kilomètres à l’ouest d’Arras, dans le Pas de Calais, au lieudit « Bois des onze« .

Une mention en rouge sur son avis de décès, retrouvé dans son village d’origine déclare, « Ce militaire n’est pas mort à l’ennemi« …

Son corps a été au départ enterré sur place à l’orée du bois « Des onze », dans le champ de Mr Vermesse.

Un vieil habitant de ce village, Henri Vermesse, se souvient être allé, lorsqu’il avait trois ou quatre ans, en compagnie de son père Armand, sur l’emplacement de la tombe située au pied du talus très haut, bordurant la pointe de leur champ. En 1921/22, le corps  a été transféré au cimetière militaire de Roclincourt au nord d’Arras, il a été transporté par Paul Mayeur dans son char à bancs.

Un peu plus tard, son corps a été transféré au cimetière de La Targette, un peu plus au nord, où il repose depuis sous le n° 1860.

Il est porté sur sa croix :                        Maximin ROUX. Mort pour la France le 2.3.1916…

Dix personnes ont péri dans un accident d’hélicoptère.

Les médias se sont emparés d’un accident où dix personnes ont perdu la vie, drame inqualifiable.

La violence de la mort, le cadre de l’accident, la notoriété des personnes ont fait que ces morts ont secoué la société française.

Lorsque l’on écoute les commentaires, il semblerait qu’une hiérarchie se soit imposée dès le départ quant au poids de la mort de chacun. Florence Arthaud est celle que l’on nomme le plus puis viennent derrière Camille Muffat et Alexis Vastine, ensuite rien, les techniciens ont été nommés qu’une ou deux fois et les pilotes jamais, eux resteront des anonymes…

 

Y aurait-il dans la mort comme dans la vie une hiérarchie sur l’importance, le poids des individus ? Oui hélas et nous n’y pouvons rien semble-t-il…

Des millions de mots écrits, des millions de phrases prononcées, des images qui ont tourné en boucle, et des sentiments plus ou moins sincères ont accompagné les premiers jours ces personnes décédées tragiquement. Je vous le rappelle, dix personnes dont sept français et surtout trois « vedettes » sont mortes et ont soulevé une vague d’émotion, normale certes, mais bien orchestrée par les médias, sinon, nous serions tous passés à autre chose, avoue-on-le.

Je ne conteste pas que toute mort soit tragique, mais nous nous rendons compte que si cette mort est brutale, spectaculaire, qu’elle concerne des personnes connues par le plus grand monde, alors la réaction émotionnelle devient générale, disproportionnée, et pourtant normale car manipulée.

 

Alors je vous pose une question : qui a su qu’au mois de janvier de cette année 10 600 personnes sont décédées de la grippe en France ? Qui sait que c’est statistiquement le double d’un mois « classique » en période de grippe ? Qui a entendu les médias en parler ne serait-ce que mille fois moins que de cet accident tragique ?

Alors ? La mort de ces 10 600 personnes serait-elle moins dramatique, importante que celle de nos trois sportifs ?

Oui, elle l’est car elle est survenue après une maladie et notre inconscient collectif a en lui que la mort peut faire partie de la maladie, alors qu’elle n’est pas présente quand on est en pleine santé. De plus la violence spectaculaire et bien sûr imprévue de la mort dans un jeu, que l’on suppose encadré et filmé, est amplifiée par le choc des images et comme je l’ai dit plus haut du lien que nous avons construit au fil des années avec tel ou tel sportif médiatisé lors d’évènement générateurs eux aussi de fortes émotions.

Alors oui, la mort de ces trois sportifs nous touche plus que les dix mille six cent morts anonymes de la grippe…

Devons-nous nous insurger de ce qui ressemble tout de même à une aberrante injustice ?

 

Je laisse à chacune et à chacun y répondre, car moi j’en suis incapable.

Et là, nous espérons que les prêts de notre commune ne sont pas toxiques…

L’appréciation du franc suisse par rapport à l’euro ce jeudi 16 janvier 2015 met en grand danger les collectivités locales ayant souscrit des emprunts indexés sur la parité euro/franc suisse. Les taux d’intérêt annuels dont elles devraient s’acquitter pourraient bondir pour certaines jusqu’à 25% du capital !

 

Cela ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment pour les collectivités locales françaises.La hausse du franc suisse ce jeudi, qui s’est stabilisé au moment de la rédaction de cet article à 1,04 franc suisse l’euro, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour celles qui ont souscrit des emprunts -très répandus durant les années 2000- dont le taux d’intérêt est indexé sur l’évolution de la parité euro/franc suisse.

 

En effet, à chaque fois que le franc suisse s’envole, les collectivités concernées voient le taux d’intérêt annuel qu’elles paient sur leur emprunt croître, voire bondir comme cela risque d’être le cas dans les prochains mois. La faute à une vieille croyance de banquiers d’avant crise de 2008 qui disait que rien ne pourrait atteindre la stabilité de la sacrosainte parité euro/franc suisse. Ils n’avaient en rien anticipé que les marchés financiers considéraient le franc suisse comme valeur refuge par excellence à chaque période d’incertitude, le faisant s’apprécier.

 

L’ardoise risque d’être salée pour les collectivités

 

Ce cas de figure est donc à nouveau en train de se produire et les collectivités risquent, encore une fois, d’en payer les frais. Mais ce coup-ci, l’ardoise risque d’être très (trop ?) salée pour certaines d’entre elles. En effet, dans les pires des cas, c’est-à-dire pour celles qui ont été contraintes de souscrire ces prêts dits « toxiques » entre 2007 et 2009 à l’époque où l’euro était au plus haut par rapport au franc suisse – la devise helvétique est montée à cette époque jusqu’à 1,66 franc suisse l’euro -, les taux d’intérêt des emprunts pourraient s’élever à… un quart du capital restant dû.

 

Les banques, la défunte Dexia en tête, ont souvent introduit dans leurs contrats de prêt une parité « pivot » de 1,44 franc suisse l’euro en dessous de laquelle il est prévu que les intérêts des emprunts s’envolent. Fixe à environ 4,5% lorsque la parité se maintenait au dessus de 1,44, le taux d’intérêt de ces emprunts est devenu variable lorsque la parité est passée en dessous de cette parité pivot. La variation devenant égale à la différence entre le taux de parité pivot et la parité réelle euro-franc suisse divisée par deux, majorée du taux d’intérêt fixe initial.

 

Concrètement, lorsque la parité réelle était d’1,24 franc suisse l’euro, le taux d’intérêt annuel payé par la collectivité ayant souscrit ce type de prêts s’établissait à (1,44-1,24)/2 + 4,5, soit 14,5% du capital restant dû.

Désormais, avec la nouvelle parité à 1,04, le taux annuel sera de (1,44-1,04)/2+4,5% soit 24,5% du capital restant dû ! Déjà très mal en point, certaines collectivités -qui n’auraient du reste jamais dû souscrire ces prêts- risquent de se retrouver au bord du précipice.

Brusson part en fumée…

Un homme en colère !

Dans la nuit du 22 au 23 décembre un incendie a détruit la partie la plus belle de la friche Brusson : les logements et les bureaux de la famille.

Notre association « Sauvegarde et renouveau de l’espace Brusson »  a été mise hors des murs de cette friche depuis l’arrivée de la nouvelle municipalité. Et depuis les exactions se sont multipliées sans émouvoir les élus. Ne serait-ce pas une aubaine que cette friche parte en fumée ?

En tant que président de cette association et aussi en tant que citoyen, je suis scandalisé et en colère ! Avec l’ancienne municipalité un passage quasi quotidien d’un adjoint permettait de réparer, prévenir et protéger ce joyau de Villemur sur Tarn ! Notre association devait le réhabiliter afin d’en faire un lieu de rencontres culturelles, mais Messieurs Dumoulin et  Gardelle avaient un projet : celui de ne rien faire !

J’accuse l’adjoint chargé du patrimoine ainsi que le maire de Villemur sur Tarn de négligence dans la gestion du domaine qui leur est confié par les citoyens, au travers de leurs mandats.  J’accuse ces élus d’amateurisme et de dilettante, inconscients du niveau réel de leurs responsabilités ! Dans leur souci de détricoter ce qui avait été fait par l’ancienne municipalité, ils ont livré cette friche industrielle au pillage et à la destruction ! Bravo Messieurs ! beau travail ! Les Villemuriens jugeront.

Didier Roux, président de l’association « Sauvegarde et renouveau de l’espace Brusson »

Une nouvelle région selon Georges Labouysse

L’espace occitan dans l’Histoire

« Pour que le latin ait évolué différemment au nord et au sud de la Loire, il faut qu’il ait été parlé par des peuples différents,
parlant des langues différentes avant l’arrivée des Romains. »         Alain Nouvel

 

La réforme territoriale, imposée sans débat démocratique par le gouvernement, suscite de nombreuses réticences du fait de ses incohérences. Il s’agit d’un découpage purement administratif, concocté « a vista de nas » pour encore plus de centralisme, avec le maintien des préfets fonctionnaires gouvernementaux non élus et, de l’aveu même de certains politiques, pour détruire définitivement les cultures qui subsistent encore sur l’Etat français.
Autrement dit, pour les Jacobins uniformisateurs, c’est l’aboutissement d’une politique inaugurée dans les années 1790 pour éradiquer les « nations » diverses  de la République: la suppression votée aujourd’hui de l’Auvergne et de l’Alsace sont à ce titre deux exemples significatifs.
L’importance et le dynamisme d’une région à l’échelle européenne ne se mesurent pas à sa superficie, mais à ses compétences, à sa fiscalité propre, en un mot à son autonomie réelle, comme c’est le cas dans de véritables démocraties européennes.

Le fait de refuser une mise à plat de l’ensemble des structures pour remodeler tout le système, à commencer par le dépassement des « frontières » départementales par exemple, nous prive d’une organisation territoriale cohérente, qui aurait tenu compte des réalités non seulement historiques, mais aussi géographiques, socioculturelles, économiques,  environnementales… et aussi fiscales!
En ce qui concerne le territoire occitan, une des rares fusions logiques concerne les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, un espace (ancien domaine des Volques) qui fut la Narbonnaise I sous l’Antiquité romaine et qui devint le Languedoc plus tard avec deux « capitales »: Toulouse et Montpellier se partageant les compétences.

Ainsi ce territoire de la Garonne au Rhône pourrait-il redevenir tout simplement le « Languedoc » avec une structure spécifique pour la Catalogne nord…

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